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Une amitié en guise de rançon?

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MessageSujet: Une amitié en guise de rançon? Jeu 28 Avr - 19:55

Kidnapper pour mieux charmer?

- Blanc!
- Rose!
- Vert!
- Arc-en-ciel!

Cerné, encerclé, assailli par toute une bande d'énergumènes miniatures, un curieux personnage mi-clown mi-pirate brandissait son sabre en plastique pour éviter qu'on ne lui vole son chapeau. Il souriait de toutes ses dents, dont certaines noircies à grands coups de colorant alimentaire, en écho aux éclats de rire des insectes qui voletaient tout autour de lui en tendant les mains vers sa tête, où trônait une bonne grosse perruque frisée à outrance, et qui n'avait plus l'air de trop savoir bien quelle était sa couleur d'origine. En effet toutes les nuances possibles et imaginables se succédaient sur les mèches rebondies sans vouloir se fixer sur l'une d'elle, ce qui amusait beaucoup ses spectateurs, qui conçurent à partir de cela le jeu de lui faire revêtir telle ou telle coloration, ce qui rallongeait du coup l'animation tout en la rendant plus enfantine et bruyante.

Après avoir laissé les gamins s'amuser suffisamment avec sa mystérieuse crinière, le clown des océans consentit à se laisser tomber au milieu d'eux, tenant fermement son tricorne en place, maintenant qu'ils pouvaient lui tirer les cheveux tout leur soul. Alors qu'il heurtait le sol, maladroit, pataud, ce ne fut plus seulement la perruque, mais tout son corps qui perdit le nord: ses chaussures démesurées et ses bretelles réagirent à la chute en passant du vert au jaune, les rayures rouges de sa marinière et de ses chaussettes se mirent à clignoter et son short trop grand pour lui ainsi que sa longue veste préférèrent le violet à leur précédent orange. Charmé par les nouveaux nuanciers mis à leur disposition, les petits n'en étaient que plus excités. Le pirate comique en revanche s'essoufflait un peu de toute cette agitation. Heureusement pour lui, au moment où il songeait à prendre congés de ses fiers moussaillons, après les avoir rhabillées un par un selon la palette de leur choix, l'un de ses coéquipiers vient à sa rescousse et lui proposa de prendre le relais, qu'il puisse profiter d'une pause et d'un peu d'air.

S'inclinant de façon grotesque devant son public, son gros nez écarlate -à moins qu'il n'ait mué en rose dans le feu de l'action- touchant presque terre, le singulier personnage fit volte-face et s'en alla vers le comptoir, trébuchant tous les trois pas, bousculant à chaque fois toutes les couleurs de son costume. Il rejoignit ainsi l'un des hauts tabourets qui longeaient le zinc, attrapa un sac de toile qui y avait été abandonné et s'installa, assis pour la première fois depuis longtemps.

- Alors, ça bosse dur?

Le patron du café, essuyant des verres de l'autre côté du comptoir, s'était déporté du côté du plaisantin des mers. Ce dernier eut un bref rire, souleva son chapeau, juste assez pour lui permettre de se dégager de sa chevelure et le reposa aussitôt au sommet de son crâne. Ainsi allégé il s'affala littéralement sur le comptoir en soupirant, mais sans quitter son sourire.

- On survivra à cette bataille, mais tes p'tits gars forment un sacré équipage cap'tain!
- Ah ça oui, ils sont infernaux, tous ensembles. Merci encore d'avoir pu te déplacer Charlie.

Tout en parlant il avait déposé un rafraîchissement devant "Charlie". Amazon en but une gorgée, puis porta un regarde faussement interrogateur sur le cafetier.

- Bah quoi, c'est le boulot, non? Et puis, ça me faisait envie. Donc tout va bien!

A l'occasion de l'anniversaire de son petit garçon, ou de l'un de sa clique, elle ne savait plus trop, le gérant d'un bistrot qu'elle connaissait bien, un 1st Class installé de longue date à bord du Cinderella, lui avait demandé si elle voulait venir aider à faire l'animation. L'un des Weiters convié n'avait pas pu venir, et bien qu'il ait fermé son établissement pour l'occasion, il avait trop craint d'être débordé par l'hyperactivité des gamins pour se résoudre à organiser la chose avec une personne de moins. Pour sa part, Amazon venait de temps en temps ici, que ce soit sur son temps libre ou non, attirée par une ambiance chaleureuse sans être trop survoltée. Familiale. Elle avait directement accepté, même si le tenancier savait qu'il lui faudrait la relancer pour ne pas qu'elle s'en aille à d'autres engagements, volatile comme elle était. Et finalement il l'avait vue, le matin-même, débarquer pour aider à tout mettre en place, déjà accoutrée comme elle l'était. Autant dire que la fête avait déjà empiété sur les préparatifs à ce moment-là.

- Comme le costume, t'arrivais pas à choisir entre pirate et clown?
- Hu? Ah, presque. Je voulais les deux, mais pas pour en choisir un, juste comme ça. Mais comme j'ai qu'un seul corps, j'ai du adapter...

Elle avait déclaré ça le plus naturellement et le plus sérieusement du monde. Pendant que son interlocuteur se bidonnait à propos de sa réplique, elle avait plongé la main, et presque la moitié du visage, dans son sac, visiblement à la recherche de quelque chose. Recherche infructueuse, puisqu'elle en ressortit l'air affolée, retournant le contenant pour le vider sur le comptoir. Cigarettes, briquet, ficelle, boîte de punaises et marqueur rouge, tombèrent et roulèrent un peu partout, mais la jeune fille n'y trouva apparemment pas son compte. Avant qu'elle ne laisse retomber le sac de toile, de dépit, un papier s'en dégagea et alla rejoindre les autres objets.

- Chocolat.........
- Hé, c'est quoi ça?

Le cafetier lui tendait la petite feuille à laquelle elle n'avait pas fait attention. Comme elle était à peine froissée, on devinait que ce n'était une de ses affaires oubliées dans la sacoche, mais qu'elle y avait été récemment ajoutée. A l'occasion d'un vol de boîte de chocolat en poudre par exemple... Le message qu'elle comportait -l'écriture était étrangère à la Weiter- sonnait comme une demande de rançon:

"En face..."

Dévorée par son envie de son éternel chocolat en poudre -une drogue comme une autre- elle rassembla sommairement ses possessions, pour celles qui n'étaient par parties trop loin -la boîte de punaise avait fini derrière le comptoir et le briquet par terre; et elle oublia la ficelle-, remit sa perruque, s'excusa rapidement auprès du gérant et détala, en coup de vent. Ce dernier, planté là, ne pouvant plus s'adresser qu'à une porte ouverte à la volée ne pourrait pas trop lui en vouloir de partir de cette façon: si c'était dans son établissement qu'elle s'était fait voler, il n'allait pas la retenir. Et puis, la fête touchait à sa fin, il s'en sortirait bien.

Une fois dehors, Amazon marqua une pause. Elle avait bien la ferme intention de récupérer sa drogue de prédilection, et d'en faire voir de toutes les couleurs -dans quel sens du terme, on verra plus tard...- au kidnappeur. mais le quartier des bars du Cinderella était vaste, et constamment peuplé, ce qui l'empêchait de distinguer un coupable dans la masse des passants. Mais le message trouvé dans son sac lui revint en tête. "En face". Persuadée qu'il s'agissait d'un message du malfaiteur, elle suivit l'indication à la lettre, et marcha droit vers... Le bar d'en face.

Elle fit sensation lorsqu'elle entra. Il faut dire, à cette heure de l'après-midi ce n'était pas l'affluence des happy hours des soirées à thème, mais il n'y avait pas grand monde de suffisamment éméché pour ne pas s'étonner de voir débarquer un clown-pirate dans la salle. En temps normal, et même si elle avait été contrariée, la Change-couleur aurait été sensible à l'étonnement des gens, et se serait lancée dans une animation improvisée, ou aurait payé sa tourné tout le monde, mais là, un crime grave avait été commis. Son air mauvais contrastant avec son costume, elle s'était plantée à l'entrée, scrutant chaque personne présente avec attention, pensant y retrouver celui qu'elle cherchait. Elle en était arrivée à la moitié du bar lorsqu'un petit bruit vint chatouiller son oreille. Comme quelque chose qu'on frappait sur une petite boîte métallique. Comme une cuillère avec laquelle on battait sa réserve de chocolat en poudre...
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MessageSujet: Re: Une amitié en guise de rançon? Lun 2 Mai - 17:15

Cette journée allait être comme les autres, probablement. Marcher, courir, embêter Nicolaï et quelques autres passagers, surveiller les nouveaux arrivants, pour peu qu’il y en a des intéressants. Bref, une journée de furet banale, à fureter par-ci par-là… Tellement inintéressante que Clarence poussa un long soupir de découragement.

- Tu t’ennuies tant que cela ?
- Et encore ! Se plaignit la jeune fille tout en s’affalant sur la table.

Elle avait invité Nicolaï et Kyoshi dans un café, généreusement payé par Nicolaï, bien évidemment, dans le secret espoir de diminuer la lassitude qu’elle ressentait. Sans réussite, apparemment. Elle s’amusa donc à lire la carte en dessus-dessous, et à commander la boisson la plus chère. Ce qui lui valut un regard réprobateur de son ami Russe, qu’elle évinça d’un geste de la main.

- Faudra quand même que je trouve une activité ! Vous avez une idée ?
- Un bowling ? suggéra Kyoshi.
- Moi je ne peux pas rester, alors ce sera sans moi…

Clarence s’arrêta de siroter la boisson, qu’un serveur avait apportée, sous l’effet du choc. Nicolaï venait de refuser de participer ? Elle leva un sourcil, d’abord surprise. Ses lèvres se soulevèrent dans un rictus assez effrayant.

- Tu sais que tu risque gros, à faire ça ? tempêta Clarence, se levant brutalement.
- Je prends le risque !

Sur cette parole, il se leva, et partit en laissant tout de même de quoi régler une addition assez importante. Offusquée, Clarence se lança dans un monologue sans fin.

- Non mais franchement ! Quel imbécile ! M’abandonner, comme ça, sans rien dire ! Il pourrait au moins raconter ce qu’il doit faire ! Mais non ! Monsieur est sans doute trop occupé ! Et il croit sérieusement que son argent arrangera tout ? Il se prend pour qui ?

La jeune fille se leva d’un bond, et parti sans même avoir fini son breuvage, laissant par la même occasion un Kyoshi pas plus surpris que cela. Il commençait à être habitué aux frasques de Clarence et se leva tout simplement, sans même chercher à la suivre. De toute façon, elle refusait systématiquement toute activité, aussi intéressante soit elle, seule à seul avec Kyoshi. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elle ne voulait pas lui donner de fausses idées (pour tout dire, il n’en avait cure), et surtout parce qu’elle ne passait jamais de temps avec un autre garçon que Nicolaï. Mais elle n’en avait pas conscience.

La jeune fille marchait droit devant, sans pour autant savoir où aller. Elle repensa aux derniers jours et elle se souvint alors d’une certaine jeune femme qu’elle avait observait depuis un petit bout de temps. Toujours un truc au chocolat fourré dans la bouche, d’ailleurs ! Ce qui lui donna une idée un peu saugrenue. Clarence sauta de joie, ce qui provoqua ou le sursaut ou le fou rire des passants alentours. Elle se dirigea rapidement vers le quartier des Waiters. Après quelques rapides interrogatoires plus ou moins facile (« Non, je vous jure, elle a oublié sa boite d’allumettes avec moi ! Oui c’est important !! »), elle réussit à localiser celle qu’elle voulait absolument connaitre. Une pointe de plaisir non feint agrémenta le cœur de Clarence, joint à son sourire de félin en chasse. Trouver le lieu indiqué par un collègue un peu trop bavard ne fut pas très difficile. Il suffisait de trouver un comptoir avec un écriteau « Fermé » d’où surgissaient des cris de marmots amusés. Enfin, c’est ce qu’il avait dit…

Arrivée près du bar, au du moins, elle le croyait, elle jeta un rapide coup d’œil à travers la fenêtre... Oui, aucun doute, c’était bien là. Les enfants se chamaillaient sur une espèce de… d’arc-en-ciel -qu’elle reconnut tout de suite comme la jeune fille par son extravagance. Clarence était tellement amusée par sa prochaine action qu’elle se transforma en furet. Heureusement, elle gardait toujours sur elles des instructions variées sur des petits bouts de papier. Ca allait de « Tu paies » à « Suis-moi ». Le tout bien conservé dans une boite prévue pour cet effet. On ne savait jamais ce qu’on pouvait faire, dans une journée. Un rapide coup d’œil aux alentours et elle repéra un petit bar en face de l’endroit où elle se trouvait. Elle sortit donc, non sans peine, le petit bout de papier correspondant, le roula en boule, et entra.

Le sol était jonché de babioles futiles, mais elle n’en n’avait cure. Elle fixait uniquement le sac abandonné, qu’elle avait déjà vu plusieurs fois au bras du clown. Elle se faufila dans la besace avec agilité et trouva en à peine quelques secondes ce qu’elle était venue chercher. Ni d’une ni de deux, elle remplaça rapidement le butin contre sa feuille et courut vers la porte. Le pirate arrivait déjà ! Une fois dehors, elle reprit sa forme humaine et se jeta dans le bar d’en face. Maintenant, il ne restait qu’à attendre. Elle renvoya le serveur d’un geste lorsque la porte se fit entendre. Elle ne put s’empêcher de sourire de toutes ses dents. Son poisson était là. Elle n’était pas très amicale, à ce moment. On aurait pu croire qu’elle allait bouffer chaque client jusqu’à satisfaction. C’est pourquoi elle épargna aux autres clients la fureur du regard de la Waiter en faisant tinter la boite en métal de sa petite cuillère.

- C’est ça que tu cherche ?

Elle poussa même le vice jusqu’à ouvrir le récipient, tournant le sable marron, passant la langue sur ses lèvres rosies d’un plaisir malsain. Elle secoua la tête en un non, amenant ses rubans orange avec elle. Puis elle regarda la jeune femme avec un air de défi, celui qui lui était propre. A vous faire envie de lui arracher les cheveux, selon Nicolaï. Elle referma la boîte et la prit entre ses doigts en la secouant devant ses yeux.

- J’aurais quelques mots à te dire. Et comme je sais que tu ne m’écouteras pas sans se moyen de pression… Assis-toi, je te prie !

Qu’allait-il se passer ? Clarence n’en avait rien à faire. Elle s’amusait et c’est tout ce qui comptait !
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MessageSujet: Re: Une amitié en guise de rançon? Mar 3 Mai - 14:59

L'art de la conversation et du sourire
Echappe à ceux qui cherchent ou qui attendent...


Cette attitude délibérément provocante... Amazon savait désormais que ce n'était pas un simple chocovore en manque qui avait pris d'assaut sa réserve de carburant. En même temps, elle aurait déjà du savoir à quoi s'en tenir en partant à sa poursuite, guidée par le message du kidnappeur.

La plupart des autres clients du bar, d'abord muets et décontenancés par l'entrée du clown-pirate qui s'était mis à les dévisager un par un se taisaient toujours, mais cette fois tenus par le suspens et l'attente d'une réaction. L'espèce de mise en scène presque théâtrale qui ressortait de l'action n'était pas pour déplaire à la Weiter enragée, qui finit justement par oublier de l'être, enragée. Après un instant d'arrêt, un battement de paupière, le temps de savoir ce qu'elle allait choisir comme alternative pour la suite, elle savait quelle réaction servir à ses spectateurs. Spectateurs envers qui elle manquerait à son devoir si c'était du sensationnel qu'ils voulaient, ou tout du moins une réponse logique à ce qu'il devinaient être un atroce méfait d'après l'état dans lequel elle s'était mise. Comme au théâtre, elle jouerait le jeu. Mais non pas le jeu qu'on voulait voir; celui que son interlocutrice cherchait à lui faire jouer.

Cependant, elle ne laissa pas s'évanouir tout de suite l'espoir d'une explosion mémorable. D'un pas ferme et l'air très sérieux, presque renfermé, elle se dirigea vers la table de celle qui l'avait convoquée. Lentement, sans un seul faux-mouvement, et avec la parfaite maîtrise de tout son encombrant attirail, ne laissant pas une boucle de sa perruque rebondir de travers sur son épaule ou ses pieds nager dans ses tongues trop grandes. La solennité de la scène décuplait le ridicule du personnage, pourtant l'on retenait son souffle ou riait dans sa barbe, pour ne pas troubler cet instant. Ne manquait plus que ces si agaçants roulements de tambour qui pullulaient dans les séquences du même genre pour compléter l'interminable traversée. Seulement, cette situation-ci avait de particulier qu'Amazon ne réagissait là pas en surjouant, ou en falsifiant carrément ses attitudes. Elle dégageait même une impression de naturel parfaite, et était parfaitement naturelle.

En effet, depuis l'intervention de la jeune fille, passagère sans doute, puisqu'elle ne la connaissait pas, et de plus en plus au fil de son avancée, la fanatique de chocolat en poudre avait abandonné la colère pour se dire que, finalement, ce n'était pas grave, et peut-être même très intéressant comme péripétie. Parce que c'était imprévu, parce que c'était saugrenu -un kidnapping de chocolat, c'est pas banal, avouons-le-, parce qu'elle n'allait pas en vouloir à quelqu'un qui s'était donné tant de mal pour la voir. Une personne normalement constituée devrait même se sentir profondément flatée plutôt que de s'énerver. Bien sûr que la pirate avait besoin du contenu de cette boîte dont elle avait l'impression parfois que sa vie dépendait, mais elle serait bientôt à sa portée, et si l'autre n'avait que "quelques mots à lui dire", elle pourrait tout à fait l'écouter tout en dégustant sa récompense d'être arrivée jusqu'ici.

Tel était l'état d'esprit d'Amazon en arrivant devant une chaise où elle avait donc vaguement le projet de s'assoir. Elle jaugea d'abord sa boîte, comme pour s'assurer qu'elles négociaient à propos de la bonne marchandise, puis s'arrêta longuement sur la kidnappeuse. Puis brisa, enfin, l'attente des clients d'un simple sourire. Ni mauvais, ni carnassier ou forcé: amusé, amical et un peu puéril aussi -à moins que ce ne soit l'effet du déguisement... Un raclement de chaise plus tard, elle prenait place en face de qui l'avait si gentillement invitée. Les conversations autour patientèrent encore un peu, hésitantes, mais ne tardèrent pas à reprendre, petit à petit. Elles pouvaient se mettre à table pour de bon.

- Humm, j'ai été vraiment surprise tu sais.

L'employée du train se chargea d'entamer la conversation, parlant tout en retirant sa perruque, de la même façon que précédemment au comptoir de l'autre café. Son ton était celui de qui boit l'éternel pot de fin de journée avec un ami de longue date, de ceux auxquels chacun se raconte sa journée, parle de son quotidien, la voix harrassée, sans vibration particulière, mais contente de pouvoir parler à cet interlocuteur et de pouvoir l'écouter.

- C'est vrai: je suis Weiter, pour peu que tu sois passagère tu pouvais m'appeler n'importe quand, théoriquement j'aurai répondu. Et pourtant...

A présent installée à son aise, elle avait avancé les mains vers l'objet de sa convoitise, comme chez elle, l'avait ouverte et seccouait un peu la poudre qu'il contenait, humant l'odeur qui en remontait. Elle prit aussi le temps d'y enfouir son doigt et d'en déposer un peu sur sa langue, se délectant du goût que son palais lui réclamait depuis le début de toute cette histoire.

- Ah, c'est celle avec la cannelle, lucky! <3 ... Oui donc, pourtant, tu as eu recourt à une technique assez originale. J'ai pas trop aimé ça au début, mais en fait c'est mignon, et c'est marrant aussi~

Pendant qu'elle continuait d'avaler régulièrement sa récompense d'une journée de dur labeur, Amazon profita d'une petite pause dans son monologue pour tendre la boîte ouverte vers son vis-à-vis, l'air de dire "t'en veux?", avant de conclure:

- Cela dit, je vais peut-être un peu me taire parce que, mine de rien, je sais pas trop ce que tu me veux...

Abandonnant la parole en même temps que, rassasiée, elle abandonnait le chocolat au milieu de la table, sans le refermer -sait-on jamais-, la girouette se mit à regarder de nouveau son interlocutrice. Elle lui paraissait plutôt jeune, sensiblement plus qu'elle en tout cas, et pas franchement antipathique. Malgré ça, elle se plaisait au jeu d'imaginer toutes les situations possibles en attendant une réponse. Un stalker était une option on ne peut plus évidente, c'est pourquoi elle ne la considéra pas bien longtemps, lui préférant l'échappée de prison qui cherchait une planque, une fan de Sapo qui l'avait attirée elle pour endormir sa méfiance et lui soutirer des informations sur les péchers mignons de l'écureuil ou bien un controller ayant été trafiquant ou douanier dans une autre vie, qui avait confondu son chocolat avec des champignons hallucinogènes séchés. Se faisant, sa tête s'était calée sur une de ses mains, un peu penchée, de sorte qu'elle puisse aller tripoter le bord de son ticorne. Ses yeux restaient rivés sur la demoiselle, non pas insistants mais la regardant seulement avec grand intérêt. Visiblement, toute trace de son coup d'éclat avait disparu, et on aurait dit que son entrée fracassante n'avait été que pure comédie.


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