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L'insomnie sur grand écran

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MessageSujet: L'insomnie sur grand écran Sam 30 Avr - 14:29

Le vent souffle, et la girouette se fixe
Sur un objectif que le sournois Temps l'empêche d'atteindre.

Non, Amazon ne dormirait pas ce soir. Non pas qu'elle ait besoin d'en avoir envie pour tomber dans les bras de Morphée, sans quoi on la verrait sans cesse épuisée, mais là... Elle ne le voulait VRAIMENT pas. Ou plutôt, elle soupçonnait un secret désir de venir parasiter son sommeil. Et, comme il ne fallait pas longtemps à la girouette pour céder à une de ses envies, même si elle n'en dessinait pas encore clairement les contours, elle n'attendit qu'une seconde de plus avant de se lever vivement, repoussant les draps qui recouvraient son corps. Sursautant par ce brusque mouvement, Sapo, jusque là roulé en boule contre sa maîtresse, dans l'espace chaud entre l'oreiller et les draps, se mit à courir en rond sur le matelas vide en émettant de petits bruits. La jeune femme lui présenta une main, sur laquelle il monta promptement, indiquant qu'il serait de la partie, sourit à sa réaction et se dirigea vers la porte du compartiment, lui grattouillant la tête.

Lentement, prudemment, discrètement, elle traversa la distance qui la séparait de la sortie, par égard pour ses compagnons de chambre déjà endormis, des fois qu'il y en ait -les soirées pouvaient se terminer tard, en particulier pour les Weiters, et elle n'avait pas vraiment fait attention en allant se coucher-. Une minute plus tard elle était dehors et partait dans la première direction qui lui venait à l'esprit, faute de savoir encore qu'elle était cette envie qui la taraudait.

Elle ne croisa tout d'abord personne, la zone n'étant pas un lieu de passage par excellence, mais se retrouva bientôt mêlée aux fêtards du wagon-bar, aux visages desquels elle trouva quelques regards surpris, interrogateurs ou amusés parmi ceux qui la virent, mais l'impression passait vite. Il faut dire que, chose dont elle ne s'était pas encore rappelée, mademoiselle était encore en pyjama -Dieu merci elle avait pensé à en mettre un!- ce qui jurait un peu avec les tenues que portaient généralement le commun des mortel, du moins en public. Seulement personne ne songea à le lui faire remarquer: la plupart des passagers avaient déjà pu rencontrer ou croiser la Weiter, depuis qu'elle était là, et constater son incroyable goût du déguisement -et son immunité à toute forme de honte ou de ridicule-, elle n'étonna du coup pas grand monde par son excentricité involontaire, et ne s'étonna pas elle-même des sourires qu'elle provoquait chez les gens.

Sans trop s'attarder dans ce wagon-ci, puisqu'ayant passé la soirée à l'intérieur elle doutait que ses idées ne l'y fassent revenir à peine partie, elle poursuivit sa route, ignorant toujours jusqu'où le vent allait bien pouvoir la porter avant de la lâcher et de la laisser prendre connaissance de ce qu'il voulait, ou plutôt de ce qu'elle-même voulait. Sa vadrouille dura un certain temps, revêtant tous les aspects de l'errance, et la mena principalement dans des parties du train à peu près désertes une fois la nuit tombée, ne prenant leurs fonctions que pendant la journée. C'est ainsi qu'elle entra dans le wagon multimédia, vide comme les précédents, et fut frappée par l'inspiration. A un tel point qu'elle dut s'arrêter, le temps de s'assurer que c'était bien ça, que c'était bien cette pensée qu'elle attendait qui venait de fuser dans son cerveau empâté de fatigue.

Le cinéma. Elle était sûre que c'était là qu'il se trouvait, pour être passée plusieurs fois devant et avoir quasiment à chaque fois craqué et y être entrée. Elle n'y avait jamais vu un film en entier. Tout comme elle ne se souvenait pas avoir déjà regardé un film jusqu'au bout dans sa vie puisqu'on le sait, et ses déambulations nocturnes en étaient une preuve, son syndrome de la girouette ne le lui permettait pas. Et il était d'autant plus fort avec les hommes et avec les films. Cependant, cela ne lui empêchait pas le moins du monde d'aller régulièrement à des séances, ni de trouver l'endroit agréable. Le cinéma du Cinderella, c'était donc la plage sur laquelle on l'autorisait à s'échouer, sur laquelle elle avait choisi de s'échouer? Il était vrai que, maintenant qu'elle s'était plantée, marchant vers lui tout en réfléchissant, devant et fixant son fronton orné des grandes affiches des dernières sorties, l'envie de visionner un morceau de film, la rongeait autant que l'air manquait à l'étranglé ou au pendu. Sans laisser une réflexion de plus émaner de son esprit, elle alla vers la porte à double battant, bras tendus en avant, comptant l'ouvrir en grand, de la même façon que si elle pénétrait dans un palais dont elle était la princesse.

Ses mains se heurtèrent aux panneaux sans parvenir à les faire pivoter sur les gonds. Fermé. Trop tard pour la dernière séance, bien trop tôt pour la première.
Oui, elle le savait, bien sûr, mais sur le coup elle avait du oublier, obnubilée par le besoin de passer cette entrée. Le manque ostensible de monde et les lumières éteintes de l'endroit auraient du l'alarmer et la stopper dans son élan, mais non. On ne stoppait pas l'élan d'Amazon lorsqu'elle voulait quelque chose.

Et même cette porte désespérément close n'avait pas étouffé son désir. Au contraire, elle songeait avec délice à la récompense qui l'attendait au-delà de cet obstacle, le toucher de velours des rangées de sièges, les ténèbres oui, mais le noir empli de chaleur des salles obscures qui, elle en était persuadée, ne perdrait rien à son charme, même silencieux et désert. Et puis il y avait l'excitation liée au geste, quelque peu osé, d'entrer dans un lieu normalement non autorisé à cette heure-ci, qui s'ajoutait encore à l'équation, l'orgueil d'avoir l'objet de ses convoitises à sa seule disposition, à le voir et à en profiter de façon unique, comme personne ne le ferait ordinairement.

Seulement, là, il fallait se poser. Loin de renoncer à son projet, mais sachant que si elle n'essayait justement pas de l'accomplir un minimum il ne l'obsèderait d'autant plus, Amazon s'adossa à son ennemie la porte et se laissa glisser jusqu'au sol. Elle se sentait un peu réduite par l'épuisement, malgré tout. Triturant les manches de son pyjama de ses doigts sous peine de sentir des fourmis d'impatience les parcourir, elle jetait un regard circulaire sur ce qui l'entourait, cherchant activement un moyen de venir à bout de son petit contretemps. Dans un coin, minuscule coin oublié de son cerveau, elle se doutait vaguement que si elle trouvait un plan à mettre à exécution, ça ne serait pas vu du meilleur regard. En tant que Weiter, donc employée du train, si elle venait à dégrader en quelque façon que ce soit le lieu, où elle n'était pas censée être de surcroît, elle risquait de se faire réprimander de façon monumentale. Quoique. Elle ne savait pas trop en fait, et n'imaginait que mal les suites de l'incident. En fait, elle ne cherchait pas spécialement à les imaginer, et ne s'en inquiétait pas le moins du monde. De toute façon, elle n'avait pour le moment pas trouvé très pertinent d'adopter la solution de défoncer la porte à coups d'épaules et attendait juste l'illumination, en toute innocence. En commençant à somnoler un peu malgré tous ses efforts, aussi.
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MessageSujet: Re: L'insomnie sur grand écran Mer 11 Mai - 8:12

Ce fut au moment où Amazon commença à faiblir, à laisser sa conscience se faire enlever de force par le sinistre Morphée, la forçant à abandonner ses projets envers le Cinéma qu'elle entendit un bruit. Un bruit tellement court et soudain qu'il disparut dans l'obscurité nocturne instantanément. Puis il revint, une seconde fois, une troisième fois, tout cela à des intervalles régulières, de plus en plus fort, signalant à la Weiter que l'origine de ce son s'approchait plutôt lentement. Au fur et à mesure que la distance était réduite, elle put identifier la nature de ce bruit... c'était un claquement de doigts. Accompagné de bruits de pas traînants, qui plus est. Ceux qui fréquentaient régulièrement le quartier des bars pouvaient reconnaître sans aucun problème ces deux signes alarmants, et certaines femmes le voyaient comme un signe d'alerte, d'autres comme un grand plaisir : ce claquement de doigts venait d'un homme en chasse. Oh, pas la chasse à son sens basique non, on parlerait plutôt de chasse de femmes.

Ces derniers temps, il y avait un passager en particulier, un français, qui s'était fait remarquer... un 2nd Class. Même si en soit il était un bon combattant, il était surtout connu pour ses activités annexes, et oh bon sang qu'elles étaient nombreuses ! On avait huit chances sur dix de le voir dans le Wagon Bar lorsqu'il n'était pas en mission, une chance sur dix de le retrouver dans le Wagon Multimédia et une chance sur dix d'être dans sa chambre en train de faire on ne sait quoi. Il était populaire pour ses présences marquantes dans les fêtes, pour ses bagarres dans les bars et surtout pour ses talents de séduction, dès qu'il en avait l'occasion il draguait. Il n'était pas rare de le voir draguer plusieurs filles dans la même soirée s'il était en forme. Il avait trois choses qui le rendaient facile à reconnaître : ses cheveux verts, son costume noir avec chapeau et cravate et son claquement de doigts, le moyen de signaler sa présence. Son nom était Raphaël Dumas.

Ce soir donc, il s'était mis en chasse. Il avait ce don particulier de résister particulièrement bien aux effets du sommeil, son corps s'étant finalement habitué à être souvent en activité après plus de dix ans de festivités dans la capitale française. Le mafiosi avait quitté sa chambre et avait marché à travers le train en claquant des doigts. Pour une fois, il avait décidé de changer un peu, il n'irait pas dans le Wagon Bar. Une entreprise risquée mais qui pouvait valoir son pesant d'or, s'il trouvait de la compagnie intéressante lors de son trajet, ils seraient seuls, hé hé... à cette pensée, le sourire narquois sur son visage s'agrandit. Il commença sa recherche à travers le train, claquant des doigts régulièrement, son chapeau relevé. Il était confiant. Il savait qu'il trouverait quelqu'un, on trouve *toujours* quelqu'un. C'était le cas à Paris, ce serait le cas ici.

Ses tribulations l'amenèrent dans le Wagon Multimédia qui fut à son étonnement désert. Il n'avait sans doute pas les mêmes règles que le Wagon Bar où il était toujours sûr que les lumières seraient allumés. Ici, néant. Pour autant, cela ne le dérangeait pas, au contraire, ça l'excitait ! Raphaël Dumas, le français millionnaire soupçonné d'activités illégales diverses, part à l'aventure dans les ténèbres nocturnes, que lui arrivera donc-t-il ? Sera-t-il confronté à un tueur, une femme fatale, une embuscade d'ennemis ? Les possibilités étaient excitantes ! Enfin, il espérait qu'il se retrouverait face à ce genre de choses, sinon il avait de plus grandes chances de se faire chier. Toujours en mouvement, il s'avança sans le savoir vraiment vers le cinéma. Pour être honnête, il n'était jamais allé là-bas, il n'avait jamais vraiment regardé de films, il trouvait ça barbant comparé à la vie trop cool qu'il menait. Il haussa les épaules et se décida quand même à y jeter un coup d'œil, voir ce qu'ils allaient passer... puis il la vit.

Une fille en pyjama à moitié endormie par terre. Que ? Il ouvrit de grands yeux ronds, voir si ses yeux ne le trompait pas ou bien si l'obscurité avait décidé de se foutre de lui. Non, non, il y avait bien une meuf devant ses yeux. Il avait espéré une rencontre mais ne s'attendait pas à ce que ce soit aussi... bizarre. Et puis, sérieusement, un pyjama et non pas une tenue de soirée ? Il était probablement tombé sur une somnambule... en tout cas, il n'avait jamais dû tenter de la draguer.
Il haussa les épaules
. *Oh et puis merde.* Il s'avança lui aussi vers les panneaux en sortant un paquet de clopes et un briquet de sa poche, c'était où ça ou bien retourner dans sa chambre bredouille, il avait la flemme d'aller se saouler ce soir. D'un geste fluide, il alluma le briquet, illuminant légèrement les deux. Raphaël put la voir un peu plus en détail, elle devait avoir vers la vingtaine à vue d'œil... plutôt mignonne, surtout maintenant qu'elle luttait contre le sommeil.

Il tenta de pousser la porte. Fermé, comme prévu. Que faisait-elle ici ? Voulait-elle voir un film ? Il pensa à cette hypothèse, si c'était le cas, il faudrait attendre le jour. Ou bien... le français s'agenouille auprès d'elle et se mit à parler, une clope allumée dans sa bouche :


« Quels chieurs, tu trouves pas ? C'est triste un bâtiment éteint la nuit, c'est sombre, c'est glauque et c'est pas amusant du tout. Et le respect pour les fêtards dans mon genre hein, il est où ? Après, on est obligé de se débrouiller nous-même, c'est lourd ! »

Il cracha de la fumée en arrière et reprit en prenant Amazon par la taille afin de la relever. Maintenant qu'il avait commencé à établir le contact, elle allait pas se mettre à pioncer maintenant, hein ! Maintenant qu'il avait sa cible dans la ligne de mire, peu de chances qu'il la lâche.

« Est-ce que j'aurais raison si je disais que cette porte fermée, comme moi, t'emmerde et que tu aimerais t'en débarrasser ? Tu vas rire, on peut s'arranger pour ça, mais vois-tu, ma jolie, je ne suis pas un bon samaritain. Tout travail mérite salaire, tu piges ? »

Il sourit et se mit face à elle, la regardant fixement avec ses yeux bleus avides. Il était important d'aller directement au point, au vu de sa figure fatiguée, elle n'était pas une nocturne, tsk ! Ils avaient quoi ces gens à demander un temps ahurissant de sommeil ? Ça le surprendra toujours... il enleva son chapeau et la salua.

« Je suis Raphaël Dumas, je t'autorise à m'appeler Raph'. Je te défonces cette porte sans problème mais cela si tu acceptes de voir un film avec moi. A prendre ou à laisser. » Son sourire s'élargit. « A ce propos, comment tu t'appelles, beauté ? »
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MessageSujet: Re: L'insomnie sur grand écran Sam 14 Mai - 17:47

Un petit mouton...
Deux petits moutons...
Trois petits moutons...

- Amazon...

Un nom lancé d'une voix traînante en réponse à un discours charmeur.
Elle était arrivée, son illumination. Elle brillait faiblement derrière la fumée d'une cigarette et le brouillard du sommeil. Faiblement, mais on ne voyait que ça. Tout comme cette flamme qui s'était arrêtée un instant devant ses yeux, les empêchant de se fermer définitivement de sa danse chaleureuse. Elle s'était alors rendue compte qu'elle avait froid, avant son apparition. Et sa volonté rageant de n'être pas capable de vaincre son coup de mou avait trouvé de quoi la soutenir. De quoi la tirer plutôt du côté d'une nuit qui pâlissait toujours plus que dans les bras d'un amant qu'elle envisageait de laisser en plan pour cette fois. Oui, le beau Morphée et ses promesses de sommeil tranquille n'avaient qu'à s'incliner devant les désirs tout-puissants de la girouette en pyjama, et la laisser suivre celui qui l'avait ressuscitée.

Celui qui se tenait face à elle, debout -tiens, depuis quand s'était-elle relevée?-, et dont les paroles entretenaient, ravivaient sa haine de la porte dans son dos et son besoin d'en venir à bout. Le regard brillant à présent un peu plus, elle saisit ce qu'on lui avait dit, trouvant les mots sortis de ces lèvres d'autant plus séduisants. Il y était question de réaliser ce qu'elle souhaitait le plus au monde, et même de prolonger la chose, avec ce messager de la chance, Raph'. Rien ne pouvait mieux sonner aux oreilles de la demoiselle. Il fallait qu'elle lui réponde un peu mieux que ça, qu'elle se réveille complètement.

- Oui donc, moi c'est Amazon. Enfin, tu m'appelles comme tu veux après, en général je réponds.

Une faute d'inattention, à moins qu'une part d'elle-même se soit sentie suffisamment en confiance pour commettre involontairement l'erreur, lui avait fait lâcher son prénom, le vrai, à la place du substitut hasardeux qu'elle offrait habituellement. Et, même après coup, au lieu de se reprendre, elle continuait sur sa lancée, bien qu'il ne lui était pas très difficile de trouver une excuse crédible -ou non- au fait de s'être trompée. Seulement, seul celui-ci semblait lui être resté en tête.
Après coup elle trouvait ça intéressant et n'en voulait pas à ce réflexe sorti d'elle ne savait trop où de se présenter sans mensonge.

Maintenant qu'elle s'était un peu mieux redressée, dégagée de l'étreinte de Raphaël -qu'elle n'avait que vaguement remarquée-, retrouvant tous ses moyens et sa forme des grands jours, les choses sérieuses pouvaient commencer. Sans laisser durer le silence après sa dernière réplique, Amazon entama les hostilités d'un sourire franc, où des traces d'amusement enfantin subsistaient. Rien qu'à son expression, on devinait que son interlocuteur n'allait pas voir son invitation déclinée, et même que ses conditions l'enchantaient plus qu'autre chose.

- Oh, ça tombe bien que tu sois là, c'est vrai qu'elle m'emmerde cette porte. Et je ne dis pas non non plus à quelqu'un qui veut me tirer de l'ennui d'un film en solo~

Prenant déjà ses aises, elle parlait comme à un vieux complice, toujours là quand on a besoin de lui. Ainsi, elle ne ferait preuve d'aucune réticences à verser son "salaire" à son compagnon, du moins tant que l'activité l'enthousiasmerait. Ce qu'il ne pouvait pas deviner, c'est qu'une fois la machine renversée, une fois que l'envie d'arrêter serait apparue chez la jeune femme, tous les contrats du monde ne suffiraient pas à la retenir. Mais enfin, pour l'heure, c'était tout le contraire, et ça n'avait pas l'air sur le point de changer -même si une seconde lui suffisait... Bref, toujours obnubilée par une visite de nuit du cinéma, et ne se l'imaginant plus en l'absence de son compagnon tombé du ciel, Amazon fit volte-face. Recula d'un pas, leva le bras pour aller s'appuyer sur l'épaule de Raphaël. Considéra son ennemie verrouillée d'un air pensif. Faussement pensif, parce que ce qui devait être une réflexion plus ou moins poussée se retrouva vite parasitée par son goût du jeu et l'impatience de voir quelque chose se passer. Elle se reposa du coup bien vite sur son sauveur:

- Hm.. Sinon, quand tu parles de défoncer cet agaçant machin, c'est dans le sens propre ou bien t'as un plan? Ou bien tu sais pas?

L'attitude avait virée du côté de la braqueuse, ou autre délinquante préparant son prochain coup, ce qui n'était pas tout à fait étranger à la réalité. Se sentant pencher plutôt du côté de la première option, elle sentait que n'importe quelle suite à l'affaire lui conviendrait tout aussi bien, mis à part un coup du sort interrompant les festivités à peine entamées. Elle se rassurait cependant en songeant que, le plus souvent, les coups du sort inattendus et déplaisants étaient de son fait, qu'elle n'avait donc aucun soucis de ce côté-là. A moins d'être tombée sur un autre adepte de la girouette, ce qu'elle aurait là l'occasion de vérifier, voyant s'il allait l'abandonner et la laisser retourner à son sommeil -ce qu'elle n'était pas sûre de pouvoir lui laisser faire- ou bien partager son intérêt.
Wait and see, comme on dit... Mais avec le sourire de ceux qui savent que ça finira bien, que le rideau ne tombera pas avant la fin.
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MessageSujet: Re: L'insomnie sur grand écran Dim 15 Mai - 10:33

Amazon, hein ? Joli prénom. Raphaël fut au départ inquiété de l'absence de dynamisme de la jeune fille, il avait toujours la trouille qu'elle se mette à pioncer devant lui, mais visiblement elle avait décidé de prendre sur son sommeil et d'être plus dynamique. A la bonne heure ! Il claqua des doigts en voyant son sourire confiant, la chance lui souriait encore une fois vu que la demoiselle était visiblement prête à accepter son marché. Non, vraiment, il avait fait une bonne chose en refusant d'aller se bourrer ce soir... et sa réponse lui valut un nouveau claquement de doigts. Elle et lui dans une salle. Lui se ferait probablement chier pendant une heure et demie, mais au moins il aurait une compagnie plus qu'intéressante, restait à savoir ce qu'il comptait faire pendant la durée de la projection afin de pousser un peu plus loin son entreprise de séduction. Le premier contact lui montrait qu'Amazon semblait joueuse, n'aimait pas l'ennui et se fout autant des conséquences que lui.

Parfait. C'était juste parfait. Il sourit en sentant son contact sur son épaule...
*Oh oh... c'est qu'elle prend l'initiative, celle-là !* Cette petite balade prenait de plus en plus l'apparence d'une sortie idyllique. Oui, ça arrangeait pas mal de choses... ne restait plus qu'un seul obstacle saoulant. La porte. Cette foutue porte qui empêchait l'accès. Raphaël haïssait les portes fermées des bâtiments publics mais en même temps ne pouvait s'empêcher de noter qu'elles rajoutaient du piment aux escapades nocturnes. En tout cas, comme il l'avait déduit, la porte emmerdait fortement Amazon, l'empêchant d'accéder à son plaisir nocturne, une séance au cinéma. Booooon... il étudia l'obstacle, ça ne lui poserait aucun problème. Il tourna la tête lorsque Amazon lui demanda comment il allait procéder... à cela, il éclata d'un grand rire.

« Cet agaçant machin, Amy ? » Il sourit en prononçant le surnom qu'il lui avait imaginée. « De quoi tu parles ? »

Il la regarda d'un air tranquille, l'air de celui qui s'apprêtait à faire une bonne blague. Il la prit par l'épaule et la fit reculer à une distance respectable. Alors, il sortit de la doublure de sa veste une carabine dorée incrustée de motifs, son arme fétiche, son canon à plasma. Il reluqua l'engin dans l'obscurité, son sourire devenant soudainement plus inquiétant, méchant. Il posa un genou à terre et pointa la porte avec. Avec ses doigts, il tapotait le canon en sifflotant une quelconque musique de boîte de nuit. Puis il pressa la gachette. Amazon put voir une grande lumière bleue surgir dans un grand bruit et foncer sur son ennemie jurée. La collision se fit dans "BAM !" assourdissant. Heureusement pour eux deux, le son ne résonna qu'en écho que dans le wagon vide et Raphaël put observé que les battants autrefois immobiles tournaient sur eux-même à toute vitesse, le verrou qui les retenait était détruit et une des portes était salement amoché. Crachant dans les airs un second volume de fumée, il s'approcha du cinéma dont l'entrée était maintenant ouverte.

« Moi, je ne vois qu'un cinéma dont l'entrée a été défoncée, par qui, ça je ne le sais pas, qui pourrait le savoir ? » Il la regarda dans les yeux, un air faussement innocent sur le visage. « Après tout, du moment qu'on a pas été pris en flagrant délit, personne ne peut prouver qu'on responsable, tu piges ? En tout cas, on va profiter de cette ouverture qu'un mystérieux inconnu génial nous a faite et illico. Tu viens, ma jolie ? »

Il s'avança d'un pas traînant, jetant sa clope entamée par terre et l'écrasant du talon. Il poussa les battants en invitant Amazon à entrer. Ils se retrouvèrent dans l'obscurité totale du bâtiment, éclairé juste par le briquet de Raphaël. C'était la première fois qu'il entrait dans ce genre de bâtiments pour y voir un film. Sa mémoire lui rappelant qu'il était déjà venu dans un cinéma dirigé par un mafieux, un mec lourdingue à qui il a *gentiment* expliqué que ce serait dommage qu'un tel endroit soit brûlé et qu'il acceptait de lui fournir une protection en échange d'un peu d'argent de poche. Il se demandait s'il avait fini par s'acheter un nouveau dentier, tiens. Qu'importe ! Il gratifia celle avec qui il sortait (appelons un chat : un chat) d'un nouveau sourire séducteur.

« Nous y voilà, Amy chérie ! Je serais le pire connard sur terre si je ne te laissais pas te laisser le choix du film à regarder... tu as des préférences, une idée précise ? »

Il pensait surtout à comment ils allaient faire fonctionner tout ce bazar, lui n'ayant aucune idée de comment marchait au cinéma... est-ce que la demoiselle avait seulement réfléchi à comment elle allait voir ce film ? Il en doutait, bah, il verrait bien, après tout, c'était une bonne chose de se laisser guider par ses impulsions, lui n'allait pas se gêner en tout cas !
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MessageSujet: Re: L'insomnie sur grand écran Lun 16 Mai - 15:54

Aucune serrure ne saurait retenir
Ceux qui possèdent les clés de la liberté et de la nuit.

- Cet agaçant machin, Amy? De quoi tu parles?

Amazon s'apprêtait à répondre tout en cherchant un surnom plus approprié à l'"agaçant machin" quand elle sentit une force pousser son corps vers l'arrière, la forçant à reculer de plusieurs pas. Elle fronça d'abord les sourcils: pourquoi devait-on l'éloigner ainsi de son adversaire, ce n'était pourtant pas le meilleur moyen de la combattre. Et puis ses yeux s'écarquillèrent en se rendant tout à coup compte que la porte ne serait bientôt plus un soucis.

- Ah... Quand il disait défoncer, c'était bien au sens propre...

Alors qu'une arme pas très rassurante pour qui se tiendrait dans sa ligne de mire prit place dans les mains de Raphaël et qu'elle se murmurait sa réflexion à voix haute, comme une remarque approbatrice quant à la tactique adoptée par son compagnon, un sourire profita de l'occasion pour tordre ses lèvres. Captivé, satisfait, amusé, avide peut-être aussi, tout comme son regard pétillant. Un court intermède suspendu, où l'un préparait son affaire pendant que l'autre observait avec attention, sûre à présent de s'être lancée dans une entreprise des plus exaltantes, cette nuit, précéda l'explosion de lumière bleue.
La porte explosa en même temps que son excitation.

Une fois que la vibration de l'impact, qui l'avait atteinte malgré la distance, toute tendue qu'elle était d'exaltation et d'impatience, se fut dissipée, la Weiter se rapprocha à nouveau. Les traces de l'assaut touché à mort. Cette idée, en dehors de l'amuser encore un peu plus, la fit éprouver une pitié sympathique envers la victime de ses envies et de son cavalier... Même si en fin de compte cette pitié n'était elle aussi qu'un prétexte à éclater de rire, ce qu'elle fit, une fois arrivée à la hauteur du tueur de porte. Rire frais et cristallin, trop bref pour être fou, mais montrant en tout cas que la jeune femme était désormais follement séduite par l'idée d'une visite de cinéma ainsi accompagnée.

Remerciant silencieusement le "mystérieux inconnu" qui avait généreusement dégagé le passage -remarque, ce n'était pas très éloigné de la réalité, étant donné qu'elle venait de le rencontrer- d'un regard malicieux, Amazon accepta son invitation et lui emboîta le pas avec l'air du parachutiste qui s'apprête à faire le saut de sa vie. Le décor seulement éclairé d'une flamme chétive ne se laissait pas voir très nettement, mais qu'importe: c'était la meilleure vision qu'elle avait jamais eu du cinéma. Le moindre objet n'apparaissait que cerné d'une longue et impénétrable ombre, qui se mêlait à l'obscurité ambiante, et l'on ne les reconnaissait pas tous au premier coup d'oeil, même pour les plus familiers. Et la couleur, la couleur qui la première s'accrochait à la rétine de sa dompteuse savait là s'attirer toute l'admiration de cette dernière, répandant ses glacis tremblotant sur ce fond noir, formant presque un monochrome d'ocre et de sépia. Celle qui souvent s'amusait, en entrant dans une pièce, à chercher une zone dont la teinte mériterait, à son goût, d'être modifiée n'avait ici rien à y redire, contemplant juste.

Contemplant, oui, mais n'oubliant pas qu'elle n'était pas seule. Comment le pourrait-elle, d'ailleurs, comment l'oserait-elle? Son complice lui non plus ne l'avait pas oubliée. Il lui souriait, encore. S'en suivit LA question primordiale, le plus gros embarras du couple qui se rend au cinéma: le choix du film. Pour celui-ci, bien qu'il se soit formé à l'improviste et ne soit pas assuré de survivre très longtemps, le problème ne se posait pas: le gentleman cédait la décision à mademoiselle. Sauf que mademoiselle, elle, n'avait absolument aucune réponse à lui donner, n'y ayant pas réfléchi au préalable, puisqu'elle n'avait pas jeté son dévolu sur ce lieu spécialement pour sa fonction particulière. Enfin, cela ne changeait pas grand chose non plus, elle pouvait tout aussi bien balancer le premier titre de film qui lui viendrait à l'esprit -ce qu'elle aurait fait- et le désigner comme son choix. Mais voila, elle n'avait pas la moindre idée de comment se faisait la projection, et ne voulait de toute façon pas s'encombrer de ce contretemps technique qui lui ferait gaspiller sa nuit, alors qu'il y avait tant à faire.

- Hmm, une idée ça peut se trouver, mais je sais pas faire marcher le bidule, et rien que d'y penser j'ai pas envie, c'est banal et ça manque cruellement d'action.

Tout en parlant, le ton légèrement désinvolte, la jeune femme marchait à travers le hall à la façon du funambule sur son fil, à petits pas, simulant parfois un défaut d'équilibre d'un côté ou de l'autre. Elle arriva comme ça au départ de deux couloirs opposés tandis qu'une porte lui faisait face. Lassée d'une route rectiligne elle tourna vers la gauche, sans s'arrêter une seconde, et disparut au coin du chemin. De là elle reprit la parole, comme si elle continuait son discours le plus naturellement du monde, la voix un peu étouffée par la distance et le changement de lieu:

- Bah c'est pas grave, je veux voir si le ciné c'est fait pour autre chose que les films. De toute façon je suis pas capable de tenir jusqu'au générique, donc on peut juste visiter un peu et squatter beaucoup, ça devrait être marrant comme ça aussi.

Et elle continua d'avancer lentement mais avec enthousiasme. Elle ne se demandait même pas si elle était suivie: libre à Raphy de faire ce qu'il voulait, il n'avait pas signé pour être son ombre ou son chien non plus. Cependant elle avait la conviction -véridique ou imaginée?- de pouvoir le retrouver dans son dos si elle se retournait. Et puis, la lumière du briquet dardait toujours ses rayons sur l'endroit, n'éclairant leurs pas que de façon hasardeuse, préférant dessiner des fantômes le long des murs. Elle ne brûlait donc pas trop loin de l'aventurière.

Le cinéma du Cinderella ne comportait pas énormément de salles; le couloir où Amazon avançait sur son fil invisible n'était pas non plus interminable. Pourtant, ce n'est pas cette promiscuité qui la fit opter pour l'arrêt. Parce qu'elle s'était figée. D'un coup, sans prévenir, elle avait effectué un quart de tour, comme s'il y avait eu un tournant à cet endroit, et s'était plantée par à une autre porte fermée. Une porte de salle de projection, surplombée du chiffre trois. On connait la girouette: sans doute un imperceptible vent l'avait-il frappée d'une de ses plus violentes bourrasques pour la stopper là. Ou encore un puissant aimant se trouvait-il dans la salle, correspondant au sien... Toujours est-il qu'elle fit encore un pas en avant avant de tendre le bras et effleurer les battant de bois du bout des doigts, comme hypnotisée. Du coin de l'oeil elle distingua les contours d'une flamme et de celui qui la tenait allumée, la rejoignant. Assurée donc de parler à un destinataire, elle n'en tourna pas pour autant la tête, prononçant ce qu'elle estimait être l'inauguration de la seconde partie de la visite:

- C'est là... C'est celle-là. On entre?
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MessageSujet: Re: L'insomnie sur grand écran Jeu 19 Mai - 16:00

Je quoi.
Ce furent les deux mots qui passèrent par l'esprit de Raphaël lorsqu'elle lui répondit le plus naturellement du monde qu'elle avait la flemme de faire fonctionner le machin et qu'elle n'avait pas envie ce soir. Je quoi. Elle était... elle était quoi déjà ? Tandis qu'il l'observait en train de faire l'équilibriste dans le hall noir, le français haussa un chapeau, l'air abasourdi. Il avait vu des filles bizarres dans sa vie, des punks, des toxicos, des geeks, des tarés du shopping... mais elle, c'était un cas particulier, il pouvait deviner que la fille était une marginale à des lieues. Plus que tout, il n'arrivait pas à définir exactement son modus operandi... alors qu'il continuait de la suivre dans l'endroit désert, avec comme seul point de repère son briquet, il essayait de n'analyser, de déverrouiller les serrures de son désir afin de la séduire. Au début il avait cru qu'elle était une fille un peu impulsive et particulière, après tout elle était en train de sortir au ciné en pyjama avec un mec en costume noir, coquine et aimait les trucs excitants. Mais il apparaissait que c'était un peu plus compliqué que ça.

Marchant derrière elle en étudiant son comportement dans les moindres détails. Tandis qu'elle tournait à gauche pour une certaine raison, elle disait qu'elle était venue ici non pas pour voir un film mais pour faire autre chose.
*... Mais elle est tarée ou ?* Fut la seule chose que Raphaël put penser. C'était comme si lui allait dans un bar non pas pour se bourrer mais pour visiter la cuisine ou bien visiter un bordel juste pour le fun et non profiter de la marchandise. Elle allait à un cinéma non pas pour faire ce que tout le monde faisait en allant au cinéma mais juste dans le simple but d'aller au cinéma... curieux. Tout en tournant à gauche lui aussi, son briquet éclairant les murs et lui permettant à peine de suivre le rythme. Une partie de sa conscience lui disait de laisser tomber et d'aller dormir. *Arrête de me demander de faire des choses toi !* pensa-t-il, interrompant le dialogue intérieur. Il avait déjà enlevé de sa tête l'idée de partir, Amy, malgré tout, captivait son intérêt. Et puis, franchement, il avait rempli sa part du marché et elle devrait lui rendre des comptes. D'une manière ou d'une autre.

Ils se retrouvèrent devant une porte. Amazon lui annonça que c'était celle-ci. Raphaël hocha la tête, souriant, elle avait décidé d'aller là pour une certaine raison. Il se demanda si elle réfléchissait seulement à ce qu'elle faisait...
*Bah, on s'en fout.* se dit-il avant de sortir de nouveau son arme et de tirer sur les portes, sans même prendre la peine de vérifier si elles étaient ouvertes. Il voulait juste tester le gadget, et il était efficace ! La lumière bleue les éclaira en détails et défonça les portes qui reposaient brisées à terre. Claquant des doigts, il décida de ne pas ranger son arme, sait-on jamais.

« Ouaip, entrons. »

Ils entrèrent. La salle, comme prévue, était plongée dans l'obscurité la plus totale, le briquet arrivait à peine à montrer les contours des sièges de velours et l'écran en face d'eux. Leurs pas résonnèrent dans le silence troublant... Raphaël jetait des coups d'oeils suspect ici et là.

« Putain, que cet endroit est chiant. Il y a pas un truc pour mettre de l'animation, ici ? Ha... attends une seconde. »

Il avait vu un truc en positionnant le briquet en hauteur. Sans attendre une réponse de Amy, il se positionna dans une rangée, son canon pointé vers le sol. La Waiter entendit un nouveau claquement de doigt et un grand bruit, tout en voyant la lumière se déplacer à toute vitesse vers le haut. Raphaël s'était propulsé avec son arme vers les hauteurs de la pièce, observant plus en détail ce qui l'intéressait : un trou en forme de carré menant à la salle de projection. Il étendit sa main in extremis pour s'accrocher. D'un geste fluide, il envoya l'arme à travers et se hissa dans la pièce, tombant face à face avec un projecteur. Il ralluma son briquet, fouillant à tatillons, et put trouver un interrupteur.

La salle entière fut éclairée. Raphaël poussa un petit "Ha !" satisfait maintenant qu'il pouvait voir normalement. Il étudia l'endroit où il se trouvait, il y avait des bobines rangées dans un coin de la pièce et une table avec chaise pour s'installer. Il se pencha à la fenêtre et s'alluma une autre clope.


« Bien, c'est déjà mieux, tu trouves pas, poupée ? Vu qu'on est là, je pense que tu pourrais repenser à notre marché, hmmm ? »
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MessageSujet: Re: L'insomnie sur grand écran Ven 20 Mai - 18:04

Lorsque le spectateur en a marre,
Il se change en acteur.

- Vu qu'on est là, je pense que tu pourrais repenser à notre marché, hmmm ?

Le temps à peine de faire le tour de la salle et celle-ci se défit de son drapé de ténèbres, seulement entamées par l'éternelle flammèche d'un insolent briquet. Amazon, dès qu'elle put pénétrer dans la nouvelle aire de jeux qu'elle avait décidé d'investir, avait entrepris de la parcourir de long en large, montant et descendant les petites marches entre les rangées de fauteuil, dont elle caressait le velours écarlate -il prenait vraiment des teintes de rubis sous le faible feu qui lui rendait sa couleur volée par l'ombre- du bout de doigts distraits. Sans être saisie de la même fascination qui l'avait prise en entrant dans le cinéma, puisque la disposition de la salle était plus que régulière, symétrique, et l'on avait vite fini d'en examiner tous les détails, la petite aventurière s'y promenait, sourire aux lèvres, brassant toutes les idées qui lui venaient pour voir si l'une d'elles se distillerait mieux que les autres et mériterait le coup. Bien sûr, elle pouvait se contenter d'opter pour la première qui lui viendrait, comme d'habitude. Mais là, elle voulait faire les choses bien; d'ailleurs son unique et premier souhait présent était de rendre la visite inoubliable, même pour son petit coeur volatile, donc de ne pas faire tout et n'importe quoi, juste ce dont elle aurait vraiment envie...

Seulement, pour le moment, ce n'était apparemment pas le moment de penser à ses propres envies. Raphaël venait de la rappeler à son devoir. Faisant visuellement un dernier tour des lieux, les découvrant illuminés de façon plus claire, et n'y trouvant pas plus l'inspiration, la Weiter leva donc les yeux jusqu'à l'endroit où se trouvait son compagnon. Il avait trouvé la cabine de projection, s'envolant, chevauchant la lumière bleue, terreur des portes. Il l'empêchait d'oublier son devoir, ou plutôt l'incitait à remplir son propre contrat sans attendre trop longtemps. Cela lui paru être une assez bonne idée. L'attente, il n'y a pas de pire activité pour elle que d'attendre. Quitte à attendre de voir ce qu'elle allait faire de ce cinéma, voyons d'abord ce qu'elle ferait avec son cavalier du soir. "En attendant."

- Ah oui... C'était quoi déjà, le film?

Sans plus être sûre de la clause du papier imaginaire qu'elle avait oralement signé, il y a à peine une poignée de minutes -le temps de tuer deux portes-, Amazon fit mine de réfléchir. Non, ou peut-être réfléchissait-elle vraiment... On ne pouvait jamais savoir, avec elle: puisqu'elle ne fonctionnait qu'à l'impulsion, la peine de réfléchir trop longtemps lui était en général épargnée. Seulement, si elle ne faisait véritablement que ça, comme il semblerait que ça soit le cas, elle passerait pour une idiote finie -c'est d'ailleurs ce qu'il se passait souvent...-, alors qu'elle sait parfois faire preuve d'un fond de cohérence -hasardeux?
Bref, dans tous les cas, si sa logique est complètement incompréhensible pour le commun des mortels, peut-être l'obligeait-elle vraiment, quelque (rares) fois, à se poser pour faire le tour de son esprit de façon plus sérieuse. Enfin, là, ne nous leurrons pas, il ne s'agissait pas de l'une de ces hypothétiques occasions... Juste d'une idée qu'elle avait piochée dans sa réserve, parce qu'elle semblait plus brillante que les autres:

- Mais... En fait, j'ai pas envie, le film, et puis si le truc marche pas, c'est une question inutile... Son ton était celui de qui est absorbé dans ses pensées, les formulant à haute voix, alors qu'en fait elle savait déjà à peu près où elle voulait en venir, simplement amusée par son petit tour de comédienne. Dooooonc...

Une nouvelle petite pause dans sa réplique permit à la jeune femme de remonter les quelques marches en direction du mur du fond, d'où lui parlait Raphy. Lorsqu'elle leva de nouveau la tête vers lui, ce n'était non plus un air pensif, encore moins son éternelle bouille malicieuse qui animait son visage, mais juste la mine assurée, garnie d'un regard entendu et d'un coin de sourire satisfait. Amazon avait trouvé la forme finale de sa solution. La solution aux deux points d'interrogation du contrat, et de son inoubliable distraction. Pour l'occasion, le masque de puérilité se devait de voler en éclat.

- Vu qu'on ne peut apparemment par le regarder, ce film, on a qu'à le jouer nous même. Sans autre caméra que nos yeux, que nos sens; sans autre personnage que nous, qui que nous soyons. Elle s'appuya sur le dossier d'un siège juste derrière elle. En somme, ce n'est pas bien différent de "tuer le temps comme on peut dans cette salle vide", même s'il y a pas mal de nuances... Mais je trouve toujours mieux de pouvoir agir à volonté sans devoir se cacher sous la couverture d'innocent spectateur de film. C'est tout juste s'il servirait de fond sonore.

C'est vrai, au final ça ne changeait pas beaucoup de son projet de "visiter un peu, squatter beaucoup", bien qu'elle trouve des décalages entre les deux, qu'elle était de toute façon la seule à pouvoir déceler avec netteté. Mais enfin, plus elle se l'imaginait, plus elle se résolvait à la fuir, cette idée de film. Elle n'était pas venue pour ça. Et puis, aucune des images qui pourraient passer sur la toile grise dans son dos ne saurait effacer la présence de son compagnon et l'impression de ne pas l'honorer en se laissant ainsi distraire, ou faisant semblant de se laisser distraire, pour ne pas vexer la bobine en train de tourner dans son projecteur. Bon, si l'autre signataire du contrat s'accrochait à cette obligation acceptée à la légère -il n'avait cependant pas l'air d'y tenir particulièrement-, elle verrait, il y aurait quand même toujours un moyen de contourner. Mais si elle pouvait directement modifier son engagement, ça reviendrait au même, non? Sauf que, s'il lui avait laissé choisir le film, elle devrait lui rendre la pareille en lui cédant le choix du scénario...

- Alors, quel genre de film veux-tu tourner?

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MessageSujet: Re: L'insomnie sur grand écran Aujourd'hui à 5:31




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