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Le bug du siècle?! [ pv Calixte ♫ ]

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MessageSujet: Le bug du siècle?! [ pv Calixte ♫ ] Dim 1 Mai - 15:03

Quand le Plus Futile
Vient perturber le Plus Important.

Depuis le matin qu'elle allait et venait entre les wagons du train, Amazon semblait inépuisable. Là, elle apportait ce dont tel passager avait besoin. Là elle anticipait la faim d'un petit ours auquel elle avait pris l'habitude de donner quelques gâteaux lorsqu'il venait la trouver, la tirant par la manche, timide. Ici elle veillait à ce que rien ne manque à ce groupe d'amis ayant improvisé une fête d'anniversaire à l'un d'eux dans sa cabine même... Et mis à part le fait qu'elle commençait à manquer d'imagination quant aux couleurs de ses vêtements qu'elle s'était mis au défi de changer à chaque fois qu'elle exécutait une commande tout en restant dans le domaine du fluorescent, elle ne semblait pas avoir besoin de s'arrêter de sitôt.

Et pourtant... Aux premières heures de l'après-midi, elle s'accorda la liberté d'une pause. Non, non, ni fatigue, ni lassitude n'avaient forcé son geste. Et son envie de s'acquitter de son travail de Weiter était ce jour-là d'une intensité rare. Mais voila: un autre projet lui était passé devant, prenant pour elle les allures de la plus urgente des priorités.

Cette idée impromptue lui était venue de la manière la plus simple qui soit: on a tous dans la tête l'exemple de ces personnages de fiction qui, juste au moment où ils sont en train de déprimer au sujet de leur solitude, de leurs parents ou famille disparus etc. croisent un de ces modèles de famille heureuse aux membres épanouis, hein? Bon, pour ce coup-ci, oublions la famille disparue, la solitude et la déprime. toujours est-il qu'Amazon, en accédant à la demande de quelque autre passager, manqua de se prendre les pieds dans une bande de gamins qui se poursuivaient entre à toute vitesse, évitant de peu de renverser le contenu de son plateau -dont un thermos de café brûlant- sur l'un d'eux. Dans l'action, le gros de la meute avait filé sans remarquer l'accident. Ne restaient alors que la victime épargnée de justesse de la brûlure, ou au moins d'un gros coup sur la tête, et celui qui ressemblait à l'aîné du groupe, qui retournait sur ses pas pour se précipiter sur l'autre.

- Hey! Ca va?
- Grand frèèèèèèèère!!

Dès qu'il eut retrouvé suffisamment ses moyens pour pouvoir bouger, le petit se rua sur son frère. Il avait visiblement été très effrayé. Le prenant par la main, le deuxième revint vers la Weiter, que la surprise avait aussi momentanément figé. Il inclina la tête, désolé:

- 'Scusez madame, on faisait pas attention où on allait et on vous a gênée...

Tandis que les deux garçonnets observaient avec appréhension leur interlocutrice, celle-ci ne prit conscience qu'on lui avait parlé que tardivement, et eut un léger sursaut en se reconnectant à la réalité, cette fois pensant à tenir le meurtrier thermos de sa main libre. L'air absorbée dans une réflexion profonde ou perturbée par un on-ne-sait-trop-quoi, elle prit quand même le temps de s'accroupir et d'esquisser un sourire amical et rassurant:

- Mais non, c'est moi qui suis maladroite! Allez, pour me faire pardonner...

Deux des gâteaux du plateau furent séparés de leurs confrères pour prendre place dans la main d'Amazon. Celle-ci les jaugea un instant du regard, avec leur crème beige et leur petit papier blanc. L'instant d'après, les friandises avaient rejoint les mains des bouts de chou, décidément trop mignons avec leurs mines surprises et émerveillées à la fois. La jeune femme se redressa pour les regarder partir, n'osant toucher à leurs présents, dont les teintes trop fades avaient été ravivées en un clin d'œil d'une touche de bleu, de jaune, de brun. Puis elle fit mine d'interroger son plateau des yeux, avant de hausser les épaules et de retourner le poser. Son destinataire lui avait signifié qu'il n'était pas pressée si elle était surchargée, et si elle était au comble du désœuvrement à cet instant précis, elle venait de trouver une commande autrement plus pressante à servir: la sienne.

Quel rapport avec cette petite péripétie? Quel rapprochement d'idée avait-il bien pu s'opérer dans l'esprit aux rouages complexes de la demoiselle? Frère. Frère était le mot-clé.

En effet, c'était ce qui l'avait laissée comme statufiée au cours de l'incident. Bien qu'elle n'ait aucun souvenir du genre avec son frère, ou en tout cas aucun qui était remonté à la surface en cette occasion, le seul mot avait suffi, un appel à sa conscience. C'est vrai, elle avait embarqué de façon assez précipitée sur le Cinderella, mais l'excuse n'était pas valable: en bien d'autres situations similaires elle avait quand même pris la peine de le tenir au courant alors que là... Pas un mot, depuis des mois. C'est dire si la nouvelle mission qu'elle s'était mise en tête était importante et prioritaire!

Cette pause improvisée avait donc été instaurée pour lui permettre de mener son projet à son terme sur-le-champ. Et c'est pourquoi elle s'était précipitée jusqu'au cybercafé du train, y pénétrant avec l'impulsion d'une tornade et allant monopoliser le premier écran de libre. Alors pourquoi... Pourquoi pouvait-on la voir maintenant fascinée au possible par l'ordinateur, lequel avait l'air de lui offrir un vertigineux ballet de pixels multicolores?

Eh bien... Sans cette fois chercher à comprendre ce qu'il s'était passé sous son crâne, puisque ça ne volait certainement pas très haut, il n'y aurait à retenir que cette successions d'actions et d'événements: envoyer des nouvelles au frangin; être interrompue par elle-ne-savait-trop-quoi qui avait entrepris de rendre fou l'appareil; l'achever en se prenant au jeu des couleurs lumière, apparemment plus maniables encore sous cette forme numérique que sous toutes les autres. L'idée du jeu le plus futile -et, disons-le, le plus idiot, en particulier pour une jeune femme qui va sur ses vingt ans- avait remplacé l'entreprise pour laquelle elle avait même lâché son boulot, oui. Et elle ne donnait pas l'impression de se lasser trop vite ce qui de loin ressemblait au virus du siècle, ou bien à une communication vidéo extraterrestre...

... Y allait-il avoir quelqu'un pour la sauver de pareille régression intellectuelle?
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MessageSujet: Re: Le bug du siècle?! [ pv Calixte ♫ ] Mar 3 Mai - 12:21

La lumière poudrait par les fenêtres ouvertes du QG des Controllers. Assise près de la vitre, Calixte, assise bien droite sur sa chaise, silencieuse, lisait. On aurait pu la croire élément du décor. Son visage élégant était reposé et arborait l'expression la plus neutre qui soit, comme à son habitude ; sa peau pâle paraissait extraordinairement blanche dans le clair-obscur de la pièce ; ses vêtements et ses cheveux étaient à peine agités par la brise. La pulvérulence scintillante de l'air formait une flaque sur les pages de son roman, dont les pages, tournées à intervalles réguliers, n'émettaient qu'un frottement léger qui se perdait dans le roulis mécanique du train. Exceptionnellement, le compartiment était un havre de paix. Et c'était tant mieux.

La jeune Belge s'était réveillée comme tous les matins à sept heures tapantes. Elle avait eu un instant de flottement, une envie sourde de se replonger sous la couette et de s'enivrer de sommeil. Elle était restée sur S4 League jusqu'à une heure quarante-cinq du matin et s'estimait moyennement reposée. Mais Calixte étant Calixte, elle se leva, pris sa douche et s'habilla. Elle fit courageusement le trajet jusqu'au wagon-restaurant, veillant à amortir ses pas sur la moquette épaisse des couloirs pour ne pas éveiller les heureux qui dormaient encore. Elle déjeuna seule de tartines et d'un chocolat chaud puis, à la surprise du serveur de service ce matin-là, décida d'avaler une soupe épicée aux lentilles corail, avec supplément de piment s'il-vous-plaît. L'imprudent Waiter décida de goûter à sa préparation et prit instantanément la couleur d'une tomate, avant de se précipiter vers l'évier, un verre à la main. Calixte l'observa avec neutralité totale avant d'avaler le bol d'une traite.


"... Plus de piment la prochaine fois... Merci..."

Elle sortit du wagon-restaurant un peu plus réveillée tandis que le serveur manquait de s'évanouir, la gorge en feu. Et d'un bon pas, elle marcha courageusement (bon, OK, de son pas habituel) vers son dur, dur, duuuur travail.Tout commença par l'habituel routine de chaque Contrôleur digne de son nom : la vérification des billets. Tâche ingrate et monotone que Calixte réalisa avec flegme et désintéressement total. Dieu merci, aucun fraudeur ne croisa son chemin : elle ne voulait pas s'éerver en vain et se lancer à nouveau dans une phrase de plus de quatre mots. Ce voeu ne se réalisa pas, hélas.

Il y avait eu une dispute entre 2nd Class, pour commencer. Au sujet d'une "proie", comprenez une pauvre 1st Class qui passait par là. L'intervention de Calixte permit à la jeune fille de s'enfuir, ce qui ajouta à la colère des 2nd Class. L'un menaça même la Controller de son arme. Fatale erreur, cette arme étant un bracelet pouvant de changer en gant de boxe par commande numérique. Un simple mot et l'arme émit un étrange bourdonnement et s'arrêta brusquement à mi-transformation. La surprise, ajoutée à la figure effrayante d'inexpression de la Belge, régla le problème ; les deux hommes s'enfuirent.

La pause de midi arriva vite. Calixte alla chercher un mapo tofu au restaurant chinois et l'emporta au QG des Controllers où elle dîna avec Matthew, son tuteur. Une petite partie de Mario Kart les fit digérer, puis ils allèrent ensemble régler divers incidents, comme une bagarre meurtrière entre un varan de Komodo et un tireur d'élite ou une farce douteuse d'un Waiter. Matt du s'absenter et la jeune femme en profita pour aller chercher son roman dans sa cabine. Alors qu'elle retournait au QG pour y lire au calme, un 2nd Class projeta accidentellement dans sa direction une arme en forme de balle de tennis et qui sifflait nerveusement. C'est ce son qui permit à la Belge de dévier in extremis le projectile avec son livre. Puis elle gagna le compartiment des Controllers et s'effondra sur une chaise, donnant lieu à la scène qui débute ce récit.

Calixte prit un marque-page dans sa poche, le glissa dans son livre et referma celui-ci. Elle se leva, épousseta sa robe et se dirigea d'un pas rapide vers le cybercafé. Elle voulait aller faire de l'informatique. Elle passa la porte du wagon-multimédia avec un petit scintillement satisfait dans les yeux. Le bourdonnement des unités centrales la délectait. Elle passa dans le dos d'une jeune femme et se figea. L'écran clignotait de toutes les couleurs. Rouge vif, feu vif, jaune citron, doré, vert pomme, émeraude, bleu roi, ventre-de-biche, rose pâle, espagnol malade. La Belge murmura discrètement des séquences numériques à toute vitesse.

Pleines de requêtes informatiques circulaient dans les circuits imprimés, mais la carte graphique n'était pour rien dans ce festival arc-en-ciel. La cause devait donc être la jeune femme. Calixte reporta son attention sur l'écran. Les teintes se succédaient si rapidement qu'elle eut la nausée et que ses yeux picotèrent.


"Stop."

Surprise, la coloratrice sursauta et se retourna : l'écran revint à la normale. Une fenêtre d'erreur clignotait. Calixte fronça les sourcils et posa la main sur le clavier, se lançant dans un monologue en langue informatique. Le PC bipa, la fenêtre disparu et une nouvelle page s'ouvrit, celle de la boîte mail officielle du train.

"C'était bien à cette page que vous vouliez accéder ?"


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MessageSujet: Re: Le bug du siècle?! [ pv Calixte ♫ ] Mer 4 Mai - 16:05

Le maître est quelqu'un de très imprudent:
Il sauve et éduque l'élève
Qui un jour viendra le battre.


- C'était bien à cette page que vous vouliez accéder?

C'était allé tellement vite... La facilité déconcertante avec laquelle les pixels obéissaient à ses pouvoirs avaient fait en sorte qu'Amazon lâche un peu de mou niveau concentration, et le temps d'un clignement de paupières sa palette clignotante s'était volatilisée. Mais avant qu'elle n'ait pu y remédier de quelque façon que ce soit, une main sortie de nulle part accompagnée d'une litanie de paroles rapides et à peu près incompréhensibles l'avaient interrompue. Bouche-bée elle avait alors attendu, scrutant tour à tour son écran, et la vulgaire inconnue auquel il semblait s'être soumis encore plus facilement qu'à elle. Après un petit moment de ce manège où elle était visiblement de trop, et surtout larguée au possible, la machine se manifesta de nouveau, comme pour lui signifier qu'elle avait fini sa conversation inopinée, lui pardonnait et pouvait de nouveau la servir.

- Bien, bien~

En guise de récompense pour ce sage comportement la jeune femme tapota le haut de l'écran d'un geste satisfait. Son seul remerciement pour sa sauveuse jaillit cependant sur un ton affolé, immédiatement à la suite, lorsqu'elle découvrit la fenêtre de messagerie ouverte et que cette vision lui remit les pensées en place:

- Aaaah!! Zut zut zut, le frangin!

Se maudissant de s'être laissée distraire par le sournois appareil, ses doigts se mirent à rebondir frénétiquement sur les touches du clavier, fébriles. Durant un instant elle en oublia la présence à côté d'elle et ce qu'une personne polie et civilisée se serait avisée de lui dire. Et en fait l'oublia tout bonnement.

Elle était partie pour simplement prévenir son frère aîné qu'elle était vivante, seulement l'égarement est une maladie contre laquelle on ne peut lutter. Et on peut dire qu'elle se perdit encore pas mal de fois avant de pouvoir cliquer sur "Envoyer". Heureusement, ce n'est qu'au milieu de ses mots et de ses pensées qu'elle fit faire quelques méandres tortueux à son chemin, puisque d'un unique smiley -les voies de communication entre frère et soeur sont impénétrables...- ou d'une minuscule phrase elle avait fini par allonger la chose, quelques compléments, puis d'interminables lignes qui courraient sur près de cinq pages -et encore, parce qu'elle avait décidé d'arrêter sur un vif besoin de disperser les fourmis qu'elle craignait de voir attaquer ses jambes. Au final, on obtenait un récit absolument incompréhensible, aux personnages sortant de nulle part, dont les différentes anecdotes encombraient le texte et emmêlaient le fil conducteur de base et terminant en une queue de poisson assez spectaculaire. Un peu comme sa façon de vivre en somme, et si l'on ne cherchait pas un sens particulier entre ces lignes, l'histoire devenait tout à fait intelligible.

La composition lui avait pris à peine une poignée de minutes, écrivant au fur à mesure tout ce qu'elle estimait mériter sa place dans son discours. Sur le point de se lever et d'aller reprendre le travail, elle s'étira longuement sur sa chaise, à la manière d'un chat pris de l'intuition que ses membres étaient élastiques. Enfin, elle rendit sa liberté à l'ordinateur qui avait du supporter ses mauvais traitements et ses phrases rocambolesques tout ce temps et marcha vers la sortie.

Son dernier pas resta en suspens. Non, elle n'avait rien oublié, du moins rien de vital sur l'instant. Elle n'avait pas non plus envie de prolonger son tête à tête avec l'écran. Mais alors... Un dernier coup d'oeil à ce dernier, comme pour l'interroger sur ses propres idées, la mit sur la piste: bug, couleurs et inconnue. Inconnue, le mot magique. Amazon, électron porté par un vent on ne peut plus capricieux n'avait de cesse que de se ruer vers le vide que représentait l'inconnu. Vous voulez quelque chose d'elle? Le mieux est encore de résoudre le problème par une première rencontre. Elle adhèrera quasi directement.

Ici, pas de projet en cours ou à soumettre, juste une jeune fille dompteuse d'ordinateurs fous qui avait détalé alors que la Weiter s'était retrouvée prise dans le flot de son inspiration brouillonne. Moins par soucis de politesse et de reconnaissance que par attirance et fascination envers le phénomène auquel elle avait assisté et dont elle n'avait absolument rien saisi ainsi que par la personne qui en était la cause, un vif volte-face devant la porte du cybercafé lui fit parcourir la salle des yeux en une seconde.

Là. Un peu en retrait, absorbée par son activité. Amazon ne se dirigea pas directement dans sa direction avec l'intention de lui sauter dessus mais croisa les bras, vaguement consciente du fait qu'elle était à la place stratégique qui empêcherait toute personne d'entrer ou de sortir de la salle sans la bousculer, et riva son regard sur son dos où s'écoulaient quelques mèches brunes. Tenta une brève réflexion au sujet des couleurs disparues, de la tronche de son frère quand il la lirait, d'une manière marrante d'aborder sa cible, d'arrêts cardiaques et de Sapo en train de dormir tranquillement sous son oreiller. Constatant que, même pour elle, ça partait un peu en grand n'importe quoi, elle évacua le tout d'une auto-pichenette entre les deux yeux et se remit en marche. En sens inverse.

- Héééééééé bouuh~ !

Une entrée en matière parmi les moins conventionnelles qu'on saurait inventer: onomatopées articulées d'un ton rieur et une victime prise par derrière, à qui on ne laissa que le temps de se rendre compte que deux agaçantes mains plaquées sur ses yeux l'aveuglaient et que le but du jeu était de trouver qui pouvait bien trouver de telles âneries à faire aux gens. Seulement, pour une fois, tous ces enfantillages étaient plus ou moins -plutôt moins que plus- au service de l'agresseur. Elle ne garda pas longtemps la position, rouvrant les paupières de sa jeune compagne une seconde plus tard et tirant une chaise à elle pour prendre place à ses côtés. Entre temps, son écran avait... Subit un relooking assez particulier. Le même que son collègue de l'autre bout de la salle il y a peu, à vrai dire.

Sans faire attention pour le moment à la réaction de la demoiselle à sa surprise, la Change-couleur leva un doigt et se mit à expliquer, le timbre se voulant sérieux et pédagogique quand des pointes de curiosité et d'excitation perçaient de toutes parts l'effet voulu:

- Dis-moi, comment que t'as fait tout à l'heure, avec l'ordi? C'était vachement classe, on aurait dit que tu lui causais et... Paf, voila! Dis, dis, tu m'apprendras? Tiens, montre-moi encore, faut que je comprenne le truc~

Elle ponctua sa phrase d'un clin d'oeil et tapota l'écran déboussolé. Au final, le tout avait sonné comme un défi: le feu d'artifice de pixels n'allait pas s'arrêter avant que celle qui l'avait lancé n'ait eu satisfaction. Bien que la jeune femme en question avait en ce moment plus l'air d'un apprenti suppliant son professeur de lui montrer tel ou tel geste technique, avide, impatient, suspendue à ses lèvres, qui pour le moment n'avaient pas bougé. Ces lèvres qui parlaient aux ordinateurs et les forçait à retirer leurs masques colorés.

Ah oui vraiment, il fallait qu'elle revoie ça!
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MessageSujet: Re: Le bug du siècle?! [ pv Calixte ♫ ] Mer 11 Mai - 11:58

Versatilité. Substantif féminin. Caractère, comportement qui change souvent et aisément, qui est sujet à de brusques revirements. Calixte se félicita mentalement d'avoir retenue ce mot et sa définition car elle avait enfin une occasion de l'appliquer. Après avoir fait disparaître le kaléidoscope furieux et le bug qui perturbaient le PC, elle était restée sur place, attendant vaguement un remerciement ou autre. Sauf que voilà, la jeune femme qu'elle venait d'aider se contenta de tapoter gentiments le haut de l'écran (geste qui rappela à la Belge son tuteur, Matthew, qui semblait apprécier le fait de flatter le sommet de son crâne comme il le ferait pour un petit animal obéissant... Ce qu'elle était, d'une certaine manière). Toujours est-il qu'après ses caresses informatiques, la Waiter poussa un cri de détresse parlant d'un frère et se mit à frapper sur le clavier de manière très nerveuse, les doigts rebondissant dans tous les sens.

Bon. Comme à son habitude, Calixte venait d'être oubliée, effacée des mémoires, absorbée par son mutisme et sa discrétion. Elle esquissa un très léger mouvement d'épaule et s'éloigna. Elle cherchait son PC-test, un vieil ordinateur qu'elle utilisait pour entraîner ses pouvoirs. Le discret bruissement de sa robe n'alerta pas les geeks, tous ses semblables, les yeux ficés sur leurs écrans. Elle était devenue l'habituée du coin, le fantôme qui hantait la pièce, la "mascotte" invisible. Elle faisait presque parti du décor, ma foi... Elle tira la chaise, s'assit et inspira à fond. Son masque d'inexpression se décomposa, s'évapora subitement, laissant place à un air très concentré, très sérieux, avec un peu d'anxiété et pas mal d'enthousiasme.

Elle leva sa main droite. Tendit le bras. Écarta les doigts, paume vers l'ordinateur. Ce simple geste sembla faire crépiter l'air autour de l'appareil ; elle concentrait toute son énergie et sa volonté dans le simple fait d'allumer l'appareil. Mais attention, pas l'allumer comme vous et moi ! L'allumer par la pensée, et sans dire le moindre mot. Elle visualisa les circuits concernés par l'activité désirée dans sa tête et réduit ses yeux en de minces fentes.

"ON."

Le mot sonna avec force entre ses deux oreilles, s'inscrivant en lettres de feu sur ses paupières. Aucune réaction de la part de l'unité centrale. Calme-toi. Laisse la colère t'envahir. Respire. Retiens ton souffle. Tend ton esprit vers ta cible. Lance tes pensées comme des flèches. Frappe dans le rond rouge du centre. Serre les dents. Tend. Décoche. Calixte se redressa brusquement sur sa chaise, le front plissé, une minuscule goutte de sueur perlant sur son front :

"ON !"

Elle du se forcer à ne pas rugir ce mot mais juste à le penser le plus fort possible. Il y eut un grésillement. La diode verte clignota faiblement... Et resta allumée. La machine s'ébranla et entama la procédure d'allumage. La jeune fille se laissa retomber sur son siège, poussant un long soupir, esquissant un petit sourire. Encore quelques jours et elle devrait pouvoir l'allumer sans trop de problèmes. Elle sortit de sa poche un bouteille et un cachet d'aspirine très puissante qu'elle avala avec une gorgée d'eau. Ses yeux se fermèrent une dizaine de minutes, laissant le médicament faire effet. Médicament qui AURAIT PU faire effet sans une certaine Waitress pourvue de mains, d'une voix aigue et d'un esprit un peu tordu.

- Héééééééé bouuh~ !

Cette blague ne lui était pas inconnue... Il lui semblait que le but était de trouver l'identité de la personne qui vous masquait les yeux par derrière. Mais, à sa (maigre) connaissance, une telle chose n'était possible uniquement que si l'on connaissait un minimum ladite personne. Or, il s'agissait de la jeune femme à l'ordi multicolore, et Cal' ne connaissait même pas son nom. Difficile, donc, de jouer le jeu. Le problème fut rapidement réglé par un retrait des mains aveuglantes. Le noir fut remplacé par un tourbillon chromatique qui prenait forme sur l'écran. Bon, la Waitress avait remis ça, apparemment. Manquait la raison d'une telle débauche de teintes et de couleurs... Calixte sentit sa migraine devenir plus vive encore tandis que des flashs rouges, violets et jaunes lui agressaient les yeux.

- Dis-moi, comment que t'as fait tout à l'heure, avec l'ordi? C'était vachement classe, on aurait dit que tu lui causais et... Paf, voila! Dis, dis, tu m'apprendras? Tiens, montre-moi encore, faut que je comprenne le truc~

Un Talent s'expliquait-il ? Bonne question... Il lui sembalit que chaque pouvoir n'existait qu'en un seul exemplaire et ne pouvait s'acquérir par quelqu'un d'autre...

"... C'est mon don. Je me contente de dire à haute voix ce que je veux que l'ordinateur fasse, et il le fait. Comme ça."

Admirez la rare longueur de cette tirade ! Une phrase rapide fit cesser l'arc-en-ciel de pixels. Calixte se tourna vers son interlocutrice, mon visage flegmatique retrouvé.

"Toi, ton Talent, c'est de changer les couleurs. Non ?"
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MessageSujet: Re: Le bug du siècle?! [ pv Calixte ♫ ] Dim 15 Mai - 4:25

L'impossible n'est pas un prétexte à abandon.
L'impossible est excitant~

Oui, elle le savait. Enfin, non, elle n'y avait pas pensé. Elle n'avait pas pensé à grand chose, d'ailleurs. Mais même elle aurrait pu aisément le deviner. Seulement elle n'avait pas encore acquis le réflexe d'y assimiler la plupart des bizarreries qui lui seraient données de voir à bord du train. Oh et puis, cette idée ne la charmait pas tellement non plus: il était bien mieux de découvrir, redécouvrir la chose à chaque occasion que de tout déduire par avance pour en finir blasé et ne plus pouvoir s'en émerveiller.

Un don, donc. Oui, à présent, ça coulait de source. Elle avait eu une petite hésitation juste après avoir entendu le mot, mais l'évocation de son propre talent avait interdit à la moindre autre possibilité de se frayer un chemin dans son esprit. Il s'agissait bien de ce farceur de train donnant un pouvoir farfelu ou autre étrangeté à qui vivait à son bord. Impossible à assimiler du coup. Bah, tant pis, elle réfléchirait à un moyen de contourner de problème et tenterait sa chance une autre fois, absolument sûre qu'un jour une solution se profilera à l'horizon. Elle voulait ce don: il fallait qu'elle l'ait, elle ferait tout pour ça.

- Aaaaaah ouais. Si c'est comme les couleurs~

Enfin, en attendant, ne laissons pas notre interlocutrice en plan -pour la seconde fois!- en perdant du temps à échafauder des plans qu'elle n'exécuterait que plus tard. Pour le moment, elle allait faire comme si elle acceptait la réponse et continuer sur autre chose. Quoique.

- Remarque, si tu me l'apprends, ton talent, je pourrai t'apprendre le mien aussi. T'en dis quoi?

Bien sûr, son ton était toujours celui d'une enfant. D'un petit turbulent qui négocie son paquet de billes dans la cour de récré. Cependant consciente que la discussion tournerait en rond ainsi, elle se décida à lâcher l'idée, pour le moment. Trop en entendre parler risquerait de lui faire perdre son enthousiasme, et puis il y avait tant à faire avec un compagnon, en particulier qu'on vient de rencontrer, qu'il ne lui fallait pas trop s'attarder et s'obstiner sur un seul point de conversation. A peine cette idée formulée, elle lâcha son ébauche de harcèlement sur la jeune fille et sauta directement à un autre sujet, le premier qui lui fit envie, sans laisser le temps de la transition, ni même le temps d'une réponse:

- Bref, ça te dis du chocolat? Je sens que je vais mourir si j'en ai pas, attends un peu...

Pendant qu'elle parlait, elle fouillait dans ses poches à la recherche de son éternelle boîte de chocolat en poudre. Elle la sortit enfin et l'ouvrit délicatement, le pot étant bien plus petit que d'habitude, mais tout aussi plein. En avala une pincée, se tourna de nouveau vers l'inconnue, comme si de rien n'était, comme si le fait qu'elle reste là, à lui parler, sans lui demander son avis, était tout à fait évident et qu'elle n'avait à passer sous aucune sorte de formalité, que ça se faisait tout naturellement. Bien que ça ne soit naturel à peu près que chez elle: en général, les inconnus sont abordés en tant que tel, pas en tant que vieux amis.

- Et? Tu vas faire quoi sur ton ordi là? Si c'est pas urgent, viens on fait quelque chose, j'ai pas envie de retourner au boulot, et ça a l'air plus marrant de rester ici.

Et maintenant une invitation, une proposition tout ce qu'il y avait de plus normal chez Amazon. C'était pratiquement une constante chez elle: lorsqu'elle allait vers quelqu'un, quelle voulait le connaître, elle faisait comme si la personne lui était déjà acquise. Bien sûr, cela marchait aussi dans l'autre sens, pour ceux qu'elle décidait d'avance de placer sur une liste noire -pour de vrai, ou pour blaguer, c'est selon- , les abordant d'emblée avec ces petits mots doux qui ne font jamais plaisir. Seulement le plus souvent, la camaraderie était son choix prédéfini -même si elle se demandait parfois si ce n'était pas justement parce que tout autre option lui était trop charmante pour en faire des banalités.

Enfin, cette compagne-ci, pour la première rencontre, serait du bon côté de son estime. On verrait le reste par la suite. En attendant sa réponse justement, la jongleuse aux couleurs jetait parfois des coups d'oeil autour, voyant ce qu'il serait le plus intéressant à faire, jaugeant les différentes voies qu'elle entendait emprunter avec sa nouvelle connaissance. Puis son regard tomba sur l'écran, qui avait retrouvé ses couleurs et attendait qu'on s'intéresse à lui.

- Ah, je sais! Y a pas un jeu qu'on pourrait faire ensemble? Je connais pas beaucoup, mais bon, y a un début à tout! Tu as une idée?

Contrairement à ce qu'elle aurait pu faire habituellement, frappée par l'illumination d'un nouveau désir à combler, Amazon ne s'écria pas vivement, se levant de sa chaise, comme un scientifique travaillant sur le même sujet depuis trente ans trouve la solution à son problème. Non, là, c'était plutôt le ton de la suggestion, la pensée pas bien achevée qui sortait quand même malgré elle, formulée à haute voix pour mieux en saisir la teneur. Ce qu'elle ne savait pas en revanche, la Weiter, c'est qu'elle tendait là à toucher le point faible de son interlocutrice, son pécher mignon. Oui, elle se doutait vaguement que si elle manipulait les ordinateurs à la voix, elle devait relativement bien les connaître -à moins que comme elle elle n'aime parler aux inconnus-, mais comment en déduire qu'elle faisait là face à une geekette en puissance? Surtout quand on attendait de pouvoir tilter sur un élément particulier pour tirer des conclusions hâtives et définitives -qui ne tenaient de toute façon pas la route venant d'Amazon, et faisaient souvent office de boutade ou donnait lieu à des surnoms farfelus. En tout cas, maintenant qu'elle se l'était entendu dire, son idée lui paraissait absolument parfaite, il fallait donc qu'elle soit acceptée à tout prix. Elle ne la laisserait pas lui filer sous le nez, non..
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Le bug du siècle?! [ pv Calixte ♫ ]

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