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As-tu ta carte d'embarquement? [Libre]

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MessageSujet: As-tu ta carte d'embarquement? [Libre] Lun 23 Mai - 14:20

Il y a des jours comme ça. Des jours où la vie ressemble à la mer. Elle va et vient, se frotte contre la plage et retourne vers l'horizon. Les marées existent, il n'y a pas de choix. Elles emportent avec elle les restants d'un pique-nique qui n'a pas été ramassé par ses propriétaires, le short oublié par une gamine qui s'est baignée et le cerf-volant du petit garçon qui s'entraînait à faire des huit lorsqu'il se fit pincer le gros orteil par un crabe qui passait par-là. Ces objets, plus personne ne les verrait, c'était de vieux trésors oubliés. Des années plus tard, ils vogueraient encore, peut-être moisi par à cause de l'humidité. Tous les ans, les gens oublieront ces objets près de la mer et chaque fois, elle les emporterait dans son souffle. C'était écrit et inévitable. Comme le cycle menstruel d'une femme. Et là, la comparaison vient de perdre de son charme. Toutefois, c'était ainsi que Kim pensait. Avec rationalité. La poésie, elle ne connaissait pas. Elle ne savait pas grand chose de ce mot. Sauf que les fleurs bleues en raffolaient. Ça ne valait pas une bonne chanson. Enfin, on dirait que tout cela a été dit pour rien, sans aucun but que de mettre des mots sur papier, mais ce n'en est pas le cas. Il faut pousser la réflexion plus loin qu'au deuxième degré.

En fait, ce matin-là, elle s'était levée plus tôt que d'habitude. Normalement, elle se levait de bonne heure, mais sur ce coup-là, on ne savait pourquoi, elle était debout quelque deux heures plus tôt qu'à l'accoutumée. Surdose de sommeil? C'était une possibilité. Enfin, ce n'était pas bien grave. On aurait pu croire que notre charmante demoiselle était méthodique, avec ce caractère qu'elle avait, super rigide sur la réglementation, l'incarnation de la justice en personne, la fille qui aurait pu devenir policière si elle avait eu de meilleurs résultats scolaires, mais il n'en était rien de tout cela. Elle vivait dans un désordre qui représentait plutôt mal sa façon d'être. Elle aurait dû faire sa lessive depuis longtemps déjà, mais elle reportait toujours à plus tard cette tâche ennuyante, se disant qu'il y avait sûrement plein de criminels à contrôler dans le train, des gens qui étaient entrés clandestinement. Ou plutôt, elle ne le reportait pas à plus tard en tant que tel. C'était justifié par son zèle à pourchasser les malfrats et à les punir de leurs méfaits. Toutefois, la nécessité était peut-être venue cogner à sa porte. Le plancher était jonché de vêtements épars, à la propreté douteuse, les sous-vêtements commençaient à manquer. Il fallait vraiment faire quelque chose à ce sujet. Surtout que ce jour-là, c'était une occasion spéciale. Le train ferait un arrêt. Des gens monteraient à bord. Des gens qu'il faudrait contrôler et guider dans leur nouvelle demeure. Il faudrait s'assurer que les passagers puissent revenir à temps pour le départ. Beaucoup de travail l'attendait. En tant qu'employée du train, elle devait se montrer irréprochable, selon tous les points de vue. Il fallait faire bonne impression. Alors, elle se mit à faire le ménage et mis à la laveuse ses vêtements afin d'être impeccable.

J'en reviens donc aux objets perdus au fond de la mer. En faisant le ménage, elle avait découvert de vieux souvenirs, des choses qu'elle croyait disparues depuis des lustres. Entre autre, une vieille peluche délavée, mottoneuse, un oeil arraché, un morceau de tissu cousu pour boucher un trou, ensuite, il y avait quelques jeux pour sa gameboy, plusieurs de pokémon, ceux qu'elle avait fini un million de fois. Ce qu'elle retrouva qui lui fit le plus gros choc, c'était une photo. Une vieille photo. Elle avait peut-être trois ans. Elle était dans les bras d'un homme, son père. Ses souvenirs de cette personne étaient assez flous, mais elle savait qu'elle l'avait adoré. Personne d'autre n'avait jamais autant compté à ses yeux. Était-ce parce qu'elle avait été privée de cet être fabuleux que son esprit s'était aussi peu développé, que sa personnalité était devenue terne et morne? Peut-être bien. Elle lissa du mieux qu'elle pu les coins qui s'étaient pliés avec le manque de soin et se dit qu'elle trouverait un cadre pour y mettre cette photographie et que celui-ci se retrouverait sur sa table de chevet avec celle de sa seconde famille. D'ailleurs, elle devrait peut-être leur écrire d'ici peu. Pour les rassurer. Elle n'avait pas été en contact avec eux depuis longtemps. Ils ne lui manquaient pas vraiment au final. Pour elle, c'était du pareil au même, qu'ils soient là ou non. La mer avait perdu ses effets et la plongée sous-marine les lui avait rendus.

Une fois que tout fut extrêmement propre, que le plancher brillait tellement qu'on aurait pu y voir son reflet, elle récupéra ses vêtements, les rangea par ordre de couleurs (placées en ordre alphabétique) et par ordre de nature. Quant à faire quelque chose, autant le faire correctement. Elle n'en garda que quelques morceaux pour s'habiller. Ses cheveux étaient propres, elle les avait lavés la veille. Toutefois, leurs bouclettes la gênait et elle les attacha sur le côté et tira sa frange vers l'arrière. Ça ne lui allait pas tellement bien le visage dégagé. En fait, elle n'avait jamais réussi à trouver la coiffure qui lui irait le mieux. Non pas qu'elle s'en moquait bien, mais ça y ressemblait.

Quand le train s'arrêta au quai, elle était à son poste, prête à surveiller les impertinents qui oseraient déroger aux règles. En même temps, comme il y avait longtemps qu'elle n'avait pu mettre pied sur la terre ferme, elle en profita pour se poster à l'extérieur, dans un endroit où elle passait inaperçue et d'où elle pourrait sournoisement intercepter les imposteurs et les immigrants illégaux. Tu as ton boarding pass? Non? Bah, tu ne peux pas entrer. Si dit gentiment ne suffirait pas, il n'y aurait qu'à sortir les parapluies et l'air menaçant. Rien de bien compliqué, non? Il ne faisait pas tellement chaud en fait, même si la température était au beau. Bah, si elle se mettait dans cet angle là, le soleil lui tombait dessus et le vent était coupé par le train. Parfait... Il n'y aurait plus qu'à attendre quelque chose se passe. Au besoin, elle pourrait remonter à bord facilement...
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MessageSujet: Re: As-tu ta carte d'embarquement? [Libre] Sam 28 Mai - 13:23

  • La vitesse du train ralentissait peu à peu. C'était le signe évident qu'on allait bientôt entrer en gare. Que de nouveaux passagers viendraient choisir leur camps. Que certains se feraient de nouveaux amis, ou de nouveaux ennemis. Cela signifiait aussi que les personnes déjà à bord pouvaient descendre prendre l'air. Poser ses pieds sur la terre ferme, sur le quai. Comme un bref retour à la vie normale. D'ordinaire, Athéna se fichait bien des arrêts que pouvait faire le train. Elle ne descendrait qu'en Grèce, chez elle. Elle ne descendrait que pour aller voir sa famille. Son frère, ses parents. Descendre ailleurs n'avait aucune utilité. Qu'aurait-elle fait, dans un lieu inconnu ? Si elle voulait être dehors, il y avait le toit du train. Cet endroit même où elle aimait regarder les étoiles. Celui-là même où, un jour, elle s'était fait un ami. Hors, il était impossible qu'elle s'en fasse aux portes du train. Les petits nouveaux étaient tellement embêtants. Pleins de questions, pleins d'émerveillement. Idiots.

    Mais ce jour-là n'était pas comme tous les autres jours. Athéna ignorait complètement où se trouvait la gare. Etait-on en Europe, en Amérique, ou encore en Afrique ? Aucune idée. Et à vrai dire, la jeune femme-loutre s'en fichait. Peu importait. Il y avait juste cette envie pressante de descendre, de faire quelques pas sur le béton. Depuis quand était-elle à bord de ce train ? Elle ne comptait plus les jours. Quelques mois peut-être ? Un an ? Pas plus, en tout cas.
    Athéna s'extirpa des couvertures comme elle put. Elle se trouvait sur sa couchette depuis un bon moment, terrassée par la fatigue accumulée au fil des années. Cela ne finirait jamais. En manque de sommeil depuis toujours, elle ne risquait pas de voir disparaitre ses cernes un jour. Elle posa donc un pied par terre, puis l'autre, et s'étira à la manière d'un chat. Elle enfila des ballerines simples, ainsi qu'un sweat légèrement trop grand. Le bas était constitué d'un jean bleu. L'ensemble ne faisait évidement pas habillé, mais ne choquait pas plus que ça. Avant de sortir de la petite cabine, Athéna passa devant le miroir, histoire de réordonner un peu ses cheveux. N'ayant pas envie de faire d'efforts, elle les releva en une haute queue-de-cheval. Puis elle sortit.

    Le couloir était désert. A croire que tous les passagers s'étaient volatilisés. Mais ce n'était pas trop étonnant. A cette heure-ci, il n'y avait jamais grand-monde dans le wagon-couchettes. Ils étaient tous en train de s'amuser autre part.
    Athéna traversa en quelques enjambées la largeur du couloir, et s'accouda à la plus proche fenêtre. Sous ses yeux, un paysage inconnu qui aurait put être n'importe où défilait. Lentement, la grecque se dirigea vers la porte de sortie la plus proche. Le train arrivait, et les bâtiments d'une petite ville étaient déjà en vue. Cinq minutes après, le train s'immobilisait complètement, et les portes s'ouvraient. Athéna ne se trouvait pas derrière, prête à sauter dehors. Elle avait marcher à une vitesse d'escargot. Elle savait déjà ce qui l'attendait. Un blocage. Une peur. Elle ne descendrait pas.

    Athéna marcha néanmoins jusqu'à la porte. Elle ne descendit pas la simple marche qui la séparait du sol. Elle attendit simplement, contemplant le monde de son petit univers clos. Il y avait des bâtiments de pierre claire, à l'intérieur desquels s'affairaient quelques personnes. Il y avait du monde sur les quais. Certains lisaient un journal, d'autres consultaient leur montre, ou bavardaient avec leur compagnon. Il y avait ceux aussi qui se préparaient à monter. Qui montraient leur Boarding Pass, et qui hissaient leurs maigres bagages à bord. Pour le moment, personne n'était monté à la porte d'Athéna. D'ailleurs, celle-ci venait de remarquer la Controller qui se tenait sur le béton, à quelques mètres de là.

    La jeune femme fit un pas de plus, le regard rêveur. Allait-elle descendre ? Non. Crochetant ses mains de chaque côté de la porte, elle se pencha au-dehors. Un vent frais venu de nulle part fit doucement voler ses cheveux. Les yeux complètement perdu dans le vague, Athéna se tourna légèrement vers la Controller, pour voir si celle-ci l'avait vue. Ca ne devrait pas tarder. Elle remarqua ensuite que la jeune femme était au soleil. De là où elle se tenait, la jeune femme ne pouvait sentir les rayons de l'astre diurne. Dommage.
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MessageSujet: Re: As-tu ta carte d'embarquement? [Libre] Sam 28 Mai - 15:53

Elle n'avait pas pensé à se mettre de la crème solaire. Une pensée qui flotta comme ça, sans vraiment de raisons, à travers sa tête. Des fois, on aurait pu croire que les idées défilaient sur son front. Enfin, plus à l'intérieur de son crâne. Et que grâce à des yeux intérieurs, elle pouvait les lire, tranquillement, paisiblement. Ce qui était bien, c'était qu'elle pouvait se servir de ses yeux extérieurs pour voir les gens qui essaieraient de la rouler. On pouvait peut-être compter trois paires de yeux. Ceux de la tête qui voient les pensées, ceux qui voient le monde extérieurs et les yeux du coeur. Enfin, elle n'y croyait pas tellement, ou encore elle n'en savait rien. C'était le genre de chose auxquelles elle songeait sans trop savoir pourquoi. Contrairement à d'autres personnes plus exaltées, elle ne poussait jamais la réflexion plus loin que ce qu'elle lui apparaissait. Du coup, le fait d'avoir oublié la crème ne lui fit aucun effet. Qu'est-ce que ça pouvait bien changer qu'elle l'ait oublié? De toute façon, ce n'était pas comme si elle risquait de se cramer la peau. Elle avait toujours plutôt bien toléré le soleil. Probablement à cause de sa peau dorée. Ou jaune. Ça dépend du point de vue. Elle-même n'y portait pas attention. Blanc, noir, jaune ou rouge, qu'est-ce que ça changeait? Ils auraient tous bien pu être verts pour ce qu'elle en pensait. Enfin bon. Il n'y avait pas beaucoup de martiens dans les parages, encore moins qui tentaient de franchir la limite. C'est-à-dire, personne ne semblait vouloir monter là où elle était. Ce qui l'ennuya un peu. Elle n'était pas là pour rester assise à se tourner les pouces! Elle devait contrôler les gens, s'assurer qu'aucun passager clandestin ne trouvait le moyen de s'embarquer. C'était une crainte qu'elle avait: ne pas réussir à faire respecter la loi. Du coup, c'était pourquoi elle faisait un peu, beaucoup, de zèle.

Elle promena son regard autour, observant les passagers qui descendaient et montaient. Tout le monde se faisait contrôler par ses collègues. Alors pourquoi personne ne passait par sa porte? C'était injuste, fort fâcheux. En plus, cela nuisait à la circulation. Les files seraient plus longues aux portes. Ces gens étaient idiots ou quoi? Ne voyaient-ils pas qu'elle n'attendait qu'eux pour pouvoir se mettre au travail et mériter le salaire qu'elle gagnait en travaillant dans le train? Peut-être était-ce parce qu'elle n'était pas debout près de la porte... Après tout, les gens pensaient peut-être qu'elle était sans surveillance, donc inaccessible. Ce qui n'était pas le cas, absolument pas. Il n'y avait personne plus empressée au travail que Mlle Langlois. Ou Kim. Ça dépend des points de vue. C'est bizarre quand votre prénom est en fait votre réel nom de famille. Enfin, ça faisait d'elle une Québécoise avant d'être une Coréenne. Est-ce qu'elle le regrettait? Pas tellement, elle ne se souvenait pas très bien de la Corée.

Avec ce balayage visuel, elle remarqua enfin pourquoi personne ne venait de son côté. Ce n'était pas parce qu'elle prétendait ne pas être là, cachée et prête à surprendre le moindre intrus, mais plutôt parce qu'une jeune fille se tenait en plein milieu de la porte, bloquant le passage. Elle fronça les sourcils, se demandant si elle allait descendre. Elle ne venait certainement pas de monter par là, elle l'aurait remarqué. Au bout de ce qui semblait être deux minutes, la passagère n'était toujours pas descendue, elle n'avait pas bougé d'un pouce. Ainsi, Kim décida de se lever pour lui demander de quitter la porte et de laisser libre le passage. Elle se dirigea donc d'un pas décidé vers la femme, prête à la faire bouger, de gré ou de force. Parapluies à l'appui au besoin.

-Mademoiselle? Vous seriez priée de quitter le train ou de retourner à l'intérieur. Votre présence empêche les nouveaux passagers de monter à l'intérieur.

Pas de sourire, rien. Ce n'était pas dans son genre. Elle avait simplement parlé pour signifier à la dame qu'elle était une nuisance là où elle était. Plus poliment. Elle aurait tout aussi bien pu lui dire de dégager et qu'elle gênait, mais ce n'était pas dans ses habitudes d'agir ainsi. Elle devait se montrer un minimum poli. Elle ne voulait pas se faire jeter dehors pour avoir mal agi envers un client. Après tout, elle avait besoin de ce travail. Il lui permettait de fuir vers son monde parfait. Elle s'écarta de la porte, puisqu'elle s'était plantée devant l'ouverture pour avertir la passagère, afin de lui laisser l'espace pour en sortir si cela était dans son intention. Allons bon! Elle avait peut-être était éblouie par le paysage, il ne fallait pas être trop sévère. Elle-même ne voyait rien de spécial dans une gare, mais il y a toute sorte de gens étranges qui avaient des goûts incompréhensibles...
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MessageSujet: Re: As-tu ta carte d'embarquement? [Libre] Dim 29 Mai - 6:29

  • Il fallut un moment à la Controller qui se tenait dehors pour remarquer, comprendre, et voir pourquoi personne ne montait à sa porte, alors qu'elle avait l'air si pressée de se mettre en travail. Athéna n'avait rien de particulier contre les Controllers. Pas comme avec les 2nd Class. Mais elle avait peur que ces Controllers, soit-disant neutres, ne choisissent bientôt un camp. Qu'ils rejoignent les 1st Class, tant mieux. Mais s'ils s'alliaient avec ceux qui ont des armes... Athéna ne connaissait aucun Controller, et n'était donc pas sûre quant à leurs intentions. Voulaient-ils, par exemple, prendre le contrôle total du train, comme dans une dictature ? Voulaient-ils détruire le train ? Ou juste une des deux Class ? La jeune femme pouvait avoir une imagination très fertile, et inutile, parfois.

    Toujours est-il que l'autre femme s'était approchée d'elle, lui demandant de descendre ou de rentrer. Seulement, Athéna ne voulait faire ni l'un ni l'autre. Elle était trop bien ici. Descendre lui faisait peur, rentrer la déprimait. Alors qu'ici... Ici elle était bien. Et puis, les passagers pouvaient bien monter aux autres portes ! Et tant pis s'il y avait un peu de queue, l'attente n'a jamais tué personne. Egoïste, la jeune grecque ? Possible. Alors, ce fut d'un ton dénué de toute agressivité mais néanmoins ferme qu'Athie répondit :

    -Je n'ai pas envie de descendre. Mais je n'ai pas envie de rentrer non plus. Alors je crois que je vais rester là.

    Après cela, un nouveau coup de vent, un peu plus fort que le précédent, vint jouer avec sa queue-de cheval. Mais où étions-nous donc pour que le vent souffle comme ça ? Inspectant un peu plus le paysage au delà de la gare, Athéna tenta de deviner où se trouvait le train. Ce qu'elle voyait, des paysages verdoyant, un ciel gris et nuageux, ne lui permettait pas de trouver la réponse. Ce type de paysage se trouvait n'importe où. Sauf peut-être en Afrique. Trop sèche pour cela. Mais il restait quand même quatre autres continents... Cette question commençait à s'enraciner dans l'esprit de la jeune femme, qui n'aurait bientôt plus d'autre choix que de la poser directement à la Controller sur le quai. Elle n'en avait pas plus envie que ça. Ayant toujours été avare de paroles, la femme-loutre évitait autant que possible d'ouvrir la bouche inutilement. Mais bientôt, elle ne résistait plus :

    -Au fait, où sommes-nous ?

    Elle avait parlé d'un ton poli et respectueux. Agrémenter ses paroles d'un petit sourire ne lui avait même pas effleuré l'esprit. Athéna ne souriait pas, sauf dans de grandes occasions. Ses pensées s'envolèrent donc vers les deux filles capables de lui tirer des sourires à peu près n'importe quand. La jeune Alaïs, avec qui elle s'était liée dès l'arrivée de cette dernière sur le train. Et puis Weena, qui parvenait malgré tout à lui faire aimer la vie, petit à petit. Bien sûr, elle n'était pas capable de lui faire oublier son passé, si douloureux. Personne ne peut vraiment oublier, même avec toute la bonne volonté du monde. C'est impossible.
    Athéna attendit donc sa réponse, le plus patiemment possible, en fixant la jeune Controller du regard. Elle en profita pour détailler son visage: elle avait un long visage anguleux que mangeaient deux grands yeux sombres aux cils très longs. Elle avait des cheveux noirs dont la coupe plaisait beaucoup à Athéna. Comme vêtements, elle portait l'uniforme des Controllers. Elle était plus petite que la grecque, sûrement à cause de ses origines asiatiques qu'on pouvait deviner.
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MessageSujet: Re: As-tu ta carte d'embarquement? [Libre] Dim 29 Mai - 12:32

Alors, ça, ça posait un sérieux problème à notre jeune controller assidue. Non non non! Cette malchance ne pouvait pas tomber sur elle comme ça. Il fallait qu'elle puisse accomplir son travail correctement. Toutefois, elle devait trouver le moyen de chasser cette personne encombrante au plus tôt. C'était injuste de penser qu'elle serait la seule à ne rien pouvoir faire à cause d'une passagère indécise qui ne savait pas ce qu'elle voulait. Si elle n'avait pas envie d'aller à terre, elle n'avait qu'à aller prendre son bol d'air dans le wagon ouvert. Il était là exprès pour ça. Elle jeta un coup d'oeil par-dessus l'épaule de la jeune femme et remarqua un autre passager qui semblait attendre son tour pour pouvoir sortir. Aux paroles de ce bouchon de circulation, il soupira et changea de porte, voyant qu'il n'était pas près de sortir par là. Kim retint un soupir d'exaspération: elle n'aimait pas trop qu'on l'empêche de travailler. Elle n'avait rien d'autre dans la vie que le travail, alors gare à celui qui l'empêcherait d'accomplir sa tâche avec brio. C'était une de ces rares personnes qui ne prendrait jamais sa retraite, beaucoup trop passionnée par son boulot. Il faudrait que son corps lui fasse l'effet de porter une montagne pour qu'elle cesse de sillonner les couloirs du train à la recherche des fauteurs de troubles. Ce qui était un peu le problème avec cette dame présente: elle ne faisait rien de mal. Son seul tort était de s'être choisi la porte de Kim comme point d'observation, ou quoi qu'elle comptait trouver là. Des entrées, il y en avait plus d'une et ce n'était pas le fait d'en avoir une seule d'obstruée qui changerait quoi que ce soit. À bien y repenser. Toutefois, selon le livre de justice de mlle Langlois, empêcher quelqu'un de faire son travail, c'était très mal. Voir même machiavélique.

Alors qu'elle pensait à s'armer d'un de ses parapluies et de sortir son air de méchante controller, son némésis du moment lui posa une question: où étions-nous? Pas moyen de se mettre à gueuler en réponse. D'ailleurs, cela l'obligea à s'arrêter pour réfléchir. Elle n'avait jamais été très douée en géographie et malgré ses efforts, elle n'avait pas réussi à apprendre tout l'itinéraire du train par coeur. Elle n'avait qu'une vague idée du trajet. Même que, pour elle, il n'y avait qu'à savoir dans quel pays on était et que le train continuait son chemin sur les rails. Enfin, ils devaient être quelque part au Canada, en direction de Fairbanks en Alaska. Probablement qu'ils avaient déjà quitté le Québec, elle était montée à Montréal quand le train y était passé, plus tôt. Elle ne se souvenait plus c'était quand exactement. À bord du train, c'était comme si elle avait abandonné cette notion nommée temps. Comme s'il ne lui servait plus à rien. Et c'était vrai. Tous les jours, c'était la même routine. Et quand ça changerait, pour Dieu seul sait quelle raison, il y aurait toujours un indice pour l'avertir. Elle vivait selon le principe de: hier, aujourd'hui et demain. Il n'en fallait pas plus pour vivre correctement dans cette maison mouvante.

-Nous nous trouvons au Canada, en direction de l'Alaska, mademoiselle, répondit-elle de son ton détaché et indifférent.

On aurait pu croire que c'était une façade, elle qui ne montrait jamais la moindre émotion, mais c'était tout simplement naturel pour elle de ne pas afficher quoi que ce soit dans son visage. À part peut-être au niveau de ses yeux, mais c'était dur de savoir. Il fallait la connaître depuis longtemps et savoir réveillé son coeur ramolli. Ou plutôt, endurci. Un coeur de pierre, disaient certains. Ce n'était pas tout à fait ça. Elle ne voyait juste pas d'intérêt en ce qui se déroulait autour d'elle. Du coup, il ne fallait pas s'attendre à quelque chose de fantastique. Ou plutôt, il aurait fallu que quelque chose de fantastique se produise pour qu'elle se découvre une quelconque passion, ou un truc du genre, pour que sa vie prenne un peu de couleur.

Enfin, pour le moment, son piment épicé, pas trop fort non plus, c'était son emploi de controller à bord du Cinderella. Et ce délicieux piment, légume ou fruit qu'est-ce qu'on en avait à faire, il était en train de se faire dévorer par une inopportune. Est-ce que Kim avait souhaité sa venue? Pas à proprement parler. Bien sûr, elle avait voulu que tout plein de gens se pointe à sa porte pour qu'elle puisse s'occuper un peu, mais après, il n'y avait pas grand chose à savoir. Donc, il n'y avait qu'une chose à faire: tenter de persuader la jeune femme de bouger. Comment, il fallait trouver, mais ce n'était qu'une petite part du problème.

-Écoutez, vous m'empêchez de faire mon travail en restant là. Ce n'est pas contre vous, mais je dois m'appliquer consciencieusement à la tâche. Ce n'est sûrement pas votre problème, mais j'aimerais mieux éviter de devoir utiliser la force.


Bon... Force... Disons plutôt coups de parapluie et avalanche de regards meurtriers. Ils faisaient peurs, mais il y avait de ces gens effrayants qui ne les craignaient pas.
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MessageSujet: Re: As-tu ta carte d'embarquement? [Libre] Aujourd'hui à 10:59




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