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Qui se cache donc sous ce chapeau? [ Pv Daniel, what else? 8) ]

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MessageSujet: Qui se cache donc sous ce chapeau? [ Pv Daniel, what else? 8) ] Mar 7 Juin - 16:47

There is a place. Like no place on Earth. A land full of wonder, mystery, and danger! Some say to survive it: You need to be as mad as a hatter.
[Mad Hatter - Alice in Wonderland]

Un oubli impardonnable. Im-par-do-nna-ble!
Comment avait-elle fait? Aucune idée.
Pas de réveil en retard ou de mauvais poil.
Pas d'idées saugrenues à tendances masochistes.
Pas d'imprévus ou de rencontres aux mauvaises intentions pour la déconcentrée de son but.
Et pourtant, elle l'avait fait.

Amazon avait oublié son chapeau.

Elle s'en était rendu compte à une heure déjà avancée de la matinée, alors qu'elle apportait quelque chose qui tenait plus du chariot que du plateau, chargé de bouteilles en tous genres, dont la majorité étaient plus que de l'innocent jus de fruits, pour le compte d'un obscur passager et d'une obscure fête dans sa chambre avec d'obscurs potes... Soit, Amazon n'en avait plus que faire à présent. Elle qui il y a une seconde à peine sautillait sur le chemin de la cabine où elle devait faire sa "livraison", forte d'une invitation imprévue à superviser le machin, mais en fait plutôt à en profiter qu'autre chose, en guise de récompense; elle qui de toute façon verrait la fin du monde avant de tomber en dépression, celle-là même s'était d'un coup effondrée. "J'ai oublié mon chapeau"; et ses jambes s'étaient dérobées sous elle.

Pourquoi tant d'effet pour un fait si insignifiant que le rang de détail serait encore trop élevé pour lui? Peu importe! Elle, elle n'a pas le temps ni le loisir d'y repenser. C'est à se demander même si elle s'en souvient vraiment, de la raison pour laquelle elle ne peut sortir sans chapeau, coiffe, ou autre couvre-chef. C'est comme ça, depuis toujours, et la conséquence ne change pas: broyer du noir durant au minimum une minute après la révélation. Ou bien se changer en chienne enragée, au choix. Là en tout cas, c'est comme si on ui avait tendu une perche: une des bouteilles, et pas la plus innocente du chariot, y passa tout entière, en un temps record. Ah non, Amazon n'est pas une grosse buveuse, d'ordinaire.
Mais d'ordinaire, elle n'oublie pas son chapeau, alors pourquoi pas?

Bref, mais ne nous attendons pas non plus à la voir s'effondrer d'un coup, laissée pour morte par son alcool de chagrin au pied de son chariot, au milieu du passage. Bien que son corps ait une profonde envie de concrétiser cette dernière vision, son esprit, lui, subit ce que beaucoup subissent dans ce genre d'états seconds: l'illumination.

Un chapeau! Sur le Cinderella!
Mais oui bien sûr! Que le malheur soit retourné en occasion de faire quelque chose d'intéressant de sa journée; la Weiter, pourtant en pleine journée de boulot, qui plus est en pleine commission, lâcha tout pour ce nouveau projet: inaugurer son premier chapeau aquérit à bord du train. Titubant, réprimant plusieurs haut-le-coeur, elle abandonna le chariot et son travail sur place, bien trop soule pressée pour y penser.



La médiathèque. Pourquoi, comment? Rien à faire. Quand on s'appelle Amazon, qu'on a plus de chapeau à se mettre sur la tête et qu'on traine dans les wagons une bouteille -pleine; ne nous laissons pas abattre tout de même!- camouflée dans une petite sacoche, on n'est pas du genre à s'encombrer de détails inutiles à la quête. Bon, c'est vrai, il y avait mieux, comme lieu, pour trouver ce qu'elle cherchait. La boutique d'un chapelier, par exemple; celle qu'elle avait déjà repéré une fois en sortant d'un bar dans un coin de wagon, et où elle s'était juré de passer.

Oui mais non. Son premier chapeau "made in Cinderella" - "come from Cinderella" serait plus juste, d'ailleurs- ne serait pas un achat. Pour un lieu et un style de vie aussi spéciaux, même pour elle, dont le point de vue est déjà très différent du commun des mortels par ses pratiques quelquefois inhabituelles, obtenir un objet dont sa vie dépendait quotidiennement dans une banalité aussi assommante... Impossible.

Donc, voila. La médiathèque. Cela voulait-il dire qu'elle allait le voler, son chapeau? Peut-être bien, elle trouverait bien le moyen adéquat en voyant directement l'objet de ses convoitises.
En attendant, elle errait dans les parrages, déchiffrant des pochettes de DVDs qu'elle ne voyait qu'à moitié, écoutant même parfois un CD dans l'étui flou l'avait inspiré, mais devant tour à tour monter ou baisser le son, sur un caprice de son ouie déréglée. Cela dit, mis à part ses petits problèmes de perception, elle avait apparemment réussi à régler ses soucis d'équilibre et de malaise, et semblait, pour tout regard extérieur qui n'irait pas chercher trop loin, avoir une attitude assez normale. Peut-être même trop normal pour elle, mais enfin. Profitons, le calme précède bien trop souvent la tempête. Et, dans l'état actuel des choses, c'était comme si la jeune femme avait un nuage d'orage des plus sombres au-dessus de la tête, qui ne demandait qu'à éclater au plus infime coup de pouce... Comme celui de trouver un couvre-chef à sa convenance par exemple.

Les chapeaux, justement. C'étaient, étrangement ou non, les seuls éléments visuels qu'Amazon voyait assez nettement. Pour le reste, elle était aveugle, ne distinguait que de vagues tâches de lumières, par moment quelques contours plus précis. Prenant ce fait pour un signe que son projet était juste, elle s'attela à la recherche avec un peu plus d'ardeur.

Hélas, son attention trop dissipée ne put pas tout assumer: et sa conduite trop normale, qui faisait en ce lieu ce qu'elle était supposée y faire, et sa poursuite du Saint Graal du chapelier; une petite pile de cassettes et de CDs, qu'elle avait dans les mains sans trop savoir ce qu'elle en faisait au juste, tomba, simplement. Un geste des plus banals, le point de départ de tout roman romantique qui se respecte, même. D'ailleurs, à cette dernière idée, Amazon repensa au dernier roman qu'Elena lui avait passé. Oui, il commençait exactement de la même manière: une pile de CDs par terre, et l'arrivée du chevalier servant pour assister la princesse, et l'assurer que ce n'était pas grave, que sa maladresse était charmante, etc.

Paf! L'idée de trop. Les nuages d'orage se mirent à tourbillonner au son fracassant du tonnerre. On avait craqué l'allumette, il suffisait juste de l'approcher un peu plus près de la paille pour en faire un brasier.
De point de vue de la réalité? Oh, rien de si spectaculaire, juste une petite curiosité: une jeune femme assise en tailleurs, les bras croisés, l'air songeuse à regarder ses CDs et ses cassettes éparpillées à terre, devant elle. Par chance, elle était dans un rayonnage un peu à l'écart, où pas grand monde ne passait, où on ne la voyait ni ne l'entendait de l'entrée. Un point qui serait susceptible de la sauver... Et de l'amuser encore plus: les lieux faussement calmes et déserts comme celui-ci étaient les théâtres privilégiés des rencontres romantiques.

C'était donc décidé pour la sans-chapeau: elle attendrait. Là. Le prince charmant.
Et il l'aiderait à trouver ce qu'elle cherchait - bah oui, ne perdons pas notre objectif de vue, quand même.


Dernière édition par Amazon Fulfil le Mer 14 Sep - 12:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Qui se cache donc sous ce chapeau? [ Pv Daniel, what else? 8) ] Mer 8 Juin - 17:58



Clac-Clac. Tchou ! Tacata. Tacata. Tacata. Tacata. Le train s’était mis en marche, emmenant Daniel, on ne sait trop où, mais plus loin encore qu’il ne l’avait jamais espéré. Les paysages défilaient, à vitesse grand V, floutés et déformés par un impressionnisme des plus particuliers. Il regardait, hypnotisé, les collines et les vallées enneigées à travers la vitre. Caressée par son souffle, elle se vit bientôt toute parée de buée dans laquelle il traça du bout de son index un petit cœur difforme, mais -Oh combien- plein de sentiments divers.

Il laissa la glace toute embuée et prit fermement ses valises. Il jeta un œil à son ticket, histoire de se souvenir où était sa couchette, puis, pour se situer dans l’immense train qu’est le Cinderella, il porta attention au plan accroché au mur. Sa chambre se trouvait tout au bout du train, lorsque les numéros de wagons commencent à avoir trois chiffres. Damnation ! Daniel était monté en tête de train, juste à côté de la loge du conducteur. A peine arrivé, il fit face à un défi des plus complexes : traverser en entier le train alors qu’il était environ une heure du matin avec ses lourdes valises dans les mains.

Pas défaitiste mais tout de même méchamment déprimé, Daniel se dit qu’il fallait qu’il trouve un endroit pour dormir cette nuit, n’importe où, mais il ne ferait certainement pas l’effort surhumain de passer au travers des multiples épreuves que représente chaque wagon. Car zigzaguer au milieu des alcooliques du bar, ou éviter du mieux possible les coups de feu et de griffes lors des batailles sanguinaires des 1st et 2nd Class. Oh non, il était bien trop fatigué. Demain, il ira. Mais pas ce soir. La journée fut déjà bien mouvementée.

Alors, sans faire de bruit, il ouvrait, les unes après les autres, les portes des wagons, cherchant des yeux un coin pour se reposer sans être vu. Un clochard dans un train a bien vite fait de se faire balancer par-dessus bord. Mieux valait être discret, sinon cette aventure si dépaysante serais bien trop courte à son goût. Il faisait rouler ses valises, dans un léger crissement, frottement aigu entre les roues de ses bagages et le sol métallique de la tête de train.

Soudain, ouvrant une porte de plus, le décor changea. Plus de ferraille en guise de murs, mais des couleurs pastel, chaudes et accueillantes qui semblaient dormir sous la faible lumière nocturne. Plus en silence encore qu’il n’avait avancé jusqu’à cet instant, il marcha un peu, découvrant avec une excitation enfantine un lieu qui dépassait l’imagination. Il était dans un train et pourtant il se sentait comme dans un vrai bâtiment. Aucune vibration ne lui parvenait, aucun bruit de locomotive. Juste l’agréable calme d’un endroit qui sommeille.

Il leva les yeux et vit inscrit sur des pancartes en l’air des directions multiples qui toutes lui paraissaient être le parfait endroit. Il hésita pour le cinéma, mais se dit qu’il devait y avoir un certain nombre de séances nocturnes, le risque était trop grand. Prenant le chemin du cyber café, il fit face à une porte fermée, cadenassée, impossible à forcer. Surement les propriétaires de ce café voulaient ils éviter les vols de leurs matériels électroniques. Peu inspiré par le nom de « Salle Pokémon » qui ne voulait strictement rien dire pour lui, il dut se rabattre sur le dernier choix possible : la médiathèque. Il fit pivoter la lourde porte en verre sur ses gonds, dans un grincement particulièrement désagréable et s’engouffra dans ce lieu.

Quelques tables illuminées par de petites lampes, des étagères sans fin de livres surement jamais ouverts ou de disques jamais écoutés. Se faisait maintenant le choix du rayon près duquel il allait dormir. Il s’éloigna le plus possible de l’entrée, cherchant un rayon où jamais personne n’irait fouiner. Il se dirigea vers les CDs, histoire de pouvoir se bercer un peu avant de s’endormir. Pop, rock, hard, métal, reggae, house. Tout lui paraissait trop audible pour que personne ne vienne à le trouver. Puis soudain, il trouva. Telle une illumination, ce rayon était celui de l’absence humaine, du désert de la présence. Personne, dans son infinie conscience, ne pourrait avoir l’idée de venir écouter ça. Jamais un humain normalement formé ne serait capable de résister à ne telle horreur auditive. Deux rayons se faisaient face : monstruosité face à horreur, immondice face à terreur. Entre la tectonique et le chant tyrolien, Daniel aurait définitivement la paix.

Pour éviter tout de même de dormir sur le sol, en plein milieu des deux étagères, il grimpa au dessus de celle du chant tyrolien, pour y poser ses valises, et sauta jusqu’à celle de la tectonique pour s’y préparer un lit d’appoint. D’une couverture et de plusieurs vêtements, il arriva à se modeler un petit nid douillet. Il se glissa entre les draps puis, envouté immédiatement par la chaleur de ces multiples couches, il sombra.

Cling. Cling. Pof. Un vacarme grinçant et strident lui hurla aux oreilles alors qu’il dormait encore. Le cerveau embrumé et les yeux endormis, il ne savait même plus où il était. Mais, comble du reflexe stupide, il tourna la tête vers l’endroit d’où venait le son. Sauf qu’il ne se souvenait absolument plus qu’il se tenait en équilibre sur la tranche d’une étagère. Ainsi, après la tête suivit le corps qui bascula lamentablement du haut du rayon. Que la chute lui semblait lente. Mais la chute survint pourtant bien trop vite.

Il n’eut pas mal, pas le moins du monde. Et tout cela grâce à…. Une fille. Une pauvre fille venait juste de lui servir de sac de sable pour amortir sa descente improvisée. Gentlemanie oblige, il se décala un peu de la jeune fille, voir comment elle allait, à quoi elle ressemblait. Plutôt jolie, mais au parfum des plus surprenants. Eau de vodka de Bistrot surement. Elle avait un air complètement ahuri, enfumée par les vapeurs de l’alcool.

Il approcha son visage et lui dit :

« Tout va bien ? Je ne pensais pas vous tomber dessus, je suis désolé. Que puis je faire pour me faire pardonner ? »



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MessageSujet: Re: Qui se cache donc sous ce chapeau? [ Pv Daniel, what else? 8) ] Ven 24 Juin - 14:57

Même lorsque le brouillard trompe notre vue
Il y est des choses que l'on sait toujours reconnaître.

Ch... Charmant.
Charmant... Charmant... Le prince!

Enfin... Celui qui venait de faire son apparition avait plutôt l'air d'être tombé du lit que celui d'un véritable membre d'une famille royale.
Qu'à cela ne tienne! La façon dont il était arrivé jusque là pouvait même laisser penser, aidé d'une bonne dose d'imagination farfelue quand même, qu'il était un roi des cieux que le destin avait fait choir de son trône, au-dessus des nuages, pour qu'il rencontre sa dulcinée terrestre. Et comme il semblait tombé de son lit -un lit, ici? depuis quand n'était-on plus dans la médiathèque?-, tombé sur elle tout simplement, Amazon jouerait son rôle d'héroïne romantique et tomberait amoureuse du prince charmant. Et, si, au comble du happy end qui se profilait à l'horizon, elle tombait en prime sur un chapeau qui lui allait, on aurait droit au "tout est bien qui finit bien", ils vivraient heureux et auraient beaucoup d'enfants.

Seulement, pour le moment, on était bien loin du dénouement. Franchissant à peine la première péripétie la demoiselle se sentait d'ailleurs déjà faiblir et était reprise d'une puissante envie de se laisser tomber endormie. Certes ce scénario était plutôt efficace au sein d'une intrigue comme celle qu'elle se préparait à vivre, mais il lui aurait fait perdre toute opportunité de réinventer le genre de la fantaisie qui l'habitait; il lui faudrait donc lutter pour rester consciente jusqu'au point final, même si elle finirait immanquablement dans un état assez peu glorieux. A sa décharge il faut dire que peu de princesses recevaient leurs prétendants sur la tête... Peu aussi s'étaient laissé aller aux plaisirs de la beuverie avant même le début du roman.

Une ivresse qui donnait d'ailleurs un certain comique à la situation; Amazon ne voyait même pas clairement la tête de celui dont elle était censée s'éprendre. Oh, elle, ça ne la gênait pas: elle savait ce qu'elle avait à faire avec son rôle, mais d'un autre côté elle gloussait intérieurement en se figurant la perplexité du narrateur qui conterait son histoire et les multiples réactions d'émerveillement, de consternation ou d'étonnement des lecteurs.

Cependant, elle ne se laissa pas aller trop loin dans ses réflexions sans queue ni tête, leur préférant encore le jeu et l'action. D'autant que son compagnon avait déjà commencé à réciter son script, s'inquiétant de son état. Oh! comme il avait raison, de s'inquiéter... Mais son interlocutrice lui renvoya la réplique sans en laisser rien paraître. Seul un sourire béat, sa tête encore négligemment penchée, comme si elle allait tomber et se caler sur son épaule, et son ton trop léger et euphorique pour répondre à un étranger qui avait failli lui rompre le cou pouvaient mettre la puce à l'oreille et expliquer son haleine d'ivrogne. Au final, ce n'était pas négligeable, mais Amazon ne s'en formalisait pas, n'y faisant pas référence une seule fois lorsqu'elle prit la parole, rayonnante:

- Oh, il est toujours douloureux de sentir Cupidon passer et nous faucher le coeur de ses flèches. Tu l'as senti, toi aussi?

Elle avait profité que le prince se soit rapproché pour prendre son visage entre ses mains, et plonger ses yeux dans les siens. Bien sûr, elle n'y voyait pas grand chose, elle, mais elle n'avait pu lutter contre les réflexes de son personnage et le besoin d'un contact. D'autre part, ses mots, sa voix étaient si clairs, elle était tellement convaincue de ce qu'elle disait qu'elle ne donnait pas l'impression d'être dans un simple délire, à moins qu'il ne relève de la pathologie pure et non de la bouteille. Même ses pupilles presque aveugles scintillaient de conviction, s'embrasaient de passion.

Cependant, l'idée que trop d'empressement effrayerait son promis plus qu'autre chose lui fit lâcher prise au bout de quelques instants. Une princesse se devait d'être timide et délicate, et ne faisait jamais le premier pas. Si elle n'était pas sûre de vouloir suivre un tel schéma, Amazon se retira quand même, plus calme et réservée, entreprenant de rassembler son chargement encore éparpillés à terre de gestes discrets et hésitants, fébriles. Cette activité était bien sûr destinée à l'occuper, et n'était évidemment pas motivée par le respect des documents qu'elle avait fait tomber. Prise d'une rougeur d'ingénue alors qu'elle baissait la tête, plus pour cacher son visage que pour ramasser son butin, son for intérieur jubilait de l'image qu'ils devaient donner, tous les deux, au sol, durant ce court moment de silence. La première rencontre des héros avait tout l'air d'être réussie.

Jubilant tout en donnant l'impression d'être la figure bien connue et très attachante de l'innocente timidité, Amazon était bien loin de ces façons de procéder habituelles, directes, franches. Elle n'était aussi et avant tout plus du tout elle-même; elle jouait. Elle jouait un rôle, elle qui faisait d'ordinaire une si piètre comédienne. Le responsable d'un tel phénomène n'était pas difficile à identifier cependant: l'alcool, à chaque fois qu'il lui montait à la tête, enfermait la véritable Amazon et la glissait dans la peau d'une toute autre personne, définie par les circonstances. Et si, pour le moment, elle était encore plus ou moins consciente de n'incarner qu'un personnage dans son délire de transposition d'un roman à l'eau de rose à la réalité, il n'en faudrait pas beaucoup pour qu'elle aille jusqu'à s'oublier, et ne plus jouer, mais vivre.

Mais, enfin, cela ne changeait rien au fait que ce prince tombé du ciel, elle voudrait bel et bien l'avoir pour elle, héroïne de roman ou non. Alors qu'elle poursuivait son activité, lentement, parfois tremblante, sa voix ressurgit de derrière son rideau de cheveux, mais bien moins ferme et assurée; murmurée, aux phrases suspendues:

- Mais... Te faire pardonner... Si je...

Quelques bribes seulement des paroles prononcées par ces lèvres crispées parvinrent à l'étranger. Et le dernier mot, qui concluait sa réponse, fut presque inaudible:

- ...Chapeau...?

Cet ultime mot, ce point final à sa répartie porta Amazon au comble de l'excitation. Elle allait se remettre en chasse du chapeau manquant qui l'avait conduite jusqu'ici, et avait toutes les chances d'entraîner le prince céleste dans sa quête! Ce coup d'éclat agita tellement les pensées de la véritable Amazon que celle-ci y perdit presque toute son énergie et se trouva incapable de lutter contre le monstre alcoolisé qui avait tenté de la dévorer sans succès jusque là.

Elle éclata d'un rire muet, d'un rire qui sonna comme un glas pour sa conscience. Et elle disparut.

Tandis que ses contours s'estompaient dans la tête de l'actrice qui agissait à sa place sur le terrain, ce qu'on s'attendait qu'il arrive finit par avoir lieu.

Le jeu vola en éclat. Ne resta plus que le vrai.
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MessageSujet: Re: Qui se cache donc sous ce chapeau? [ Pv Daniel, what else? 8) ] Aujourd'hui à 10:59




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Qui se cache donc sous ce chapeau? [ Pv Daniel, what else? 8) ]

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