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Murder time

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MessageSujet: Murder time Sam 21 Jan - 11:50

Tel court au danger qui n'oserait l'attendre.






04:08 a.m.

Oui, Fûu possédait désormais une montre. Guettait le tic-tac discret et mesuré, les mouvements des engrenages, des aiguilles. La ronde infinie des heures autour du cadran.
Incroyable, hein? Fûu s'était acheté une montre.
Simple, sans autre fioritures qu'une rayure dans son dos, scellant à jamais le passage vers son intérieur mystérieux, c'était un petit marchand ambulant qui la lui avait refilée. Ce vieux simplet, que les rides affublaient d'un air de renard, l'avait abordée pour une raison étrange - en temps normal, les gens n'étaient pas spécialement inspirés de venir la voir, elle - et avait commencé à lui raconter l'histoire de cette pauvre montre, qui a défaut de bracelet ne tenait plus qu'à une ficelle sale et abimée. Il l'avait vendue à un First Class, mais l'avait retrouvée au poignet d'une main arrachée, les aiguilles bloquées dans leur course par le sang séché. Bouleversé par le sort de sa belle, son créateur avait tenu à lui donner une vie plus envieuse que celle qu'elle avait eue jusque là, et s'était appliqué à la rafistoler, la changeant en petite montre-gousset, charmante malgré son air miséreux. Fûu, malgré ses airs d'inhumanité, avait été touchée par l'histoire de cette malheureuse, avec sa griffure dans le dos, et le ton déchirant de son tic-tac. Elle avait glissé ses trois dernières pièces dans la main tremblante du vieux, et s'en était allée avec sa nouvelle compagne. Elle-même se trouvait un peu étrange d'avoir fait ça. D'autant que la petite mécanique semblait peiner à remplir son office: l'heure qu'elle indiquait s'éloignait toujours plus de la réalité. Depuis le temps qu'elle la contemplait, comme elle détaillait toujours les princesses qu'elle emportait avec elle avant de les serrer contre son corps sec et froid, la tournant et retournant entre ses longs doigts, elle avait remarqué que ses secondes étaient plus longues, ses minutes traînaient les pieds, ses heures étaient éternité. Elle donnait l'impression de flotter, rêveuse, sans prendre en compte les lois du monde où elle vivait, hors du temps... Juste comme sa propriétaire. Et c'était bien.

C'était bien, et les instants se succédaient, identiques, devant les yeux de Fûu. Devant ses yeux, une tasse. Du café. Elle avait une sainte horreur de ce breuvage noir comme boue et amer comme les baisers d'une morte. Il paraît que c'était parce que son palais ne s'était pas encore véritablement formé, car les bouches d'enfants ne supportent pas l'amertume.
Pourtant, elle ne pouvait plus s'arrêter d'infliger cette torture à ces goûts enfantins, d'écouter les cris de ses papilles meurtries, qui s'accordaient si bien avec la mélodie de sa montre.
Et voilà bientôt quatre heures qu'elle attendait, comme ça, affalée sur sa chaise et dévisageant tour à tour les aiguilles fainéantes et les troupeaux de badauds à travers la vitrine du café.

Ce n'était pas le même que d'habitude, ce n'était pas son comptoir, ce n'était pas le bon vieux barman qui ne se lassait pas de lui faire crédit tout en sachant qu'elle ne règlerait jamais son ardoise. C'était un cas d'extrême nécessité.
Ouais, car mine de rien, Fûu était d'humeur exécrable. Détendue comme l'essence qui attend la flamme qui l'embrasera.
Voilà trois jours que Fûu avait perdu son arme.

Ca s'était passé cette matinée bénie où l'aurore, en récompense de sa dévotion envers elle, avait voulu lui permettre de se rapprocher d'une Belle de silence dont elle n'avait jamais croisé le regard que de loin. Rencontre captivante que celle-là, même s'il avait fallu affronter, pour la provoquer, un énième contrôle où elle avait fait semblant d'être clandestine. Mais lorsque la fuite s'était imposée, menant les deux muettes dans une place plus discrète, son fouet précédemment dégainé et tombé à terre y était resté, échoué, naufragé, oublié.
Deux jours durant, elle avait du faire profil bas, tout en suivant la trace de son frère d'armes disparu. Elle n'avait jamais jugé un tel outil absolument irremplaçable, mais s'y était tout de même attachée. Et puis, elle frissonnait de dégoût rien qu'à imaginer qu'un de ces contrôleurs ingrats pouvait l'avoir ramassé. Et puis, une de ses connaissances était venu la trouver, soutenant qu'un gars lui avait dit avoir ce qu'elle cherchait, et qu'il l'attendrait... Quelque part, le lendemain. Un rendez-vous sans heure dont elle avait cru se rappeler le lieu...

... Mais sa patience tournait court. Heureusement, la place était plutôt calme. Des bribes de conversations attrapées en l'air l'avaient informée que c'était à cause de la nouvelle animation des Waiters, qui connaissait un succès inédit. Le wagon bar s'était comme vidé de son habituelle foule joyeuse, qui s'était tassée dans un de ses recoins, où oeuvraient les employés du train. Lassée du café et concluant que, finalement, elle avait du oublier le nom correct du lieu où elle aurait du retrouver son fouet, elle repoussa sa chaise, se leva et s'en alla, simplement. Quelques secondes plus tard, le serveur se rendrait compte qu'elle n'avait laissé qu'une feuille froissée et raturée de dessins abstraits comme pourboire. Sans payer tout ce qu'elle avait consommé durant l'après-midi, évidemment.

Evoluant tranquillement entre les terrasses désertes de cafés et les pubs nocturnes pas encore ouverts, la jeune femme voulut se diriger vers la sortie du wagon, partante pour une bonne sieste de début de soirée dans sa confortable couchette, mais s'arrêta brusquement, quelques mètres seulement avant de l'atteindre.

Là. Dans l'ombre. Dans son dos. Un mouvement.

Cette partie du wagon semblait vraiment déserte, et l'absence d'éclairage véritablement entretenu la changeait presque en cul-de-sac de ruelle, les nuits de meurtre. Lorsqu'elle se retourna d'un mouvement vif, la blafarde ne trouva qu'une poubelle renversée, et le silence. Mais un silence falsifié, un faux calme.

Fûu s'adossa à la petite porte qui reliait ce wagon au suivant. Elle n'entendait plus le tic-tac de sa montre. A la place, un grondement sourd, un ronronnement menaçant de fauve lui tirait un frisson de la nuque, accaparant ses tympans et brûlant sa gorge au goût de café.


Oh, je n'imaginais pas ça si long... Puisse ce RP m'inspirer comme ça jusqu'à la fin Wink
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MessageSujet: Re: Murder time Lun 13 Fév - 12:47

Comment avait-elle atterrit ici ? Assise sur un lot toute nue, un simple drap recouvrait le bas de son corps mais laissant les jambes découvertes il n'y avait que les parties plus intimes que l'on ne pouvait pas voir. A côté d'elle, un homme d'une quarantaine d'années allongé fumait le cigare tout en la désirant ardemment. Belle se leva gracieusement de la banquette et pris sur la table de chevet son sous-tient gorge puis enfila le reste.

- As-tu apprécié ? Dit-elle distraitement tout en lui tournant le dos et en regardant par la fenêtre du wagon.

- Bien sûr comme toujours ! Et toi ?

- Moi peut importe mon chou. Tu connais le tarif.

Elle s'avança vers lui, pris les billets et les compta machinalement. Le compte y était, Belle sortit avec une démarche de Lady. Filant vers son compartiment, elle ne croisa guère de monde a cette heure dans les couloirs. C'était le combientième cette semaine ? Quatrième, non cinquième ; celui-ci lui avait demandé ces services pour la nuit, de suite Belle avait compris que ce ne serait pas une partie de plaisir. Mais bon elle connaissait la chanson : se déshabiller, s'allonger, se faire désirer, ouvrir les jambes et attendre que cela passe tout en stimulant un certain plaisir ou attrait pour le client. Il ne demandait rien d'autre donc elle ne donnait rien d'autre. Le seul homme qui l'avait envoûter au lit avait été son défunt mari certes il ne l'avait pas attirer physiquement mais au lit quel dieu ! Belle lança sur son lit son sac et prit une douche rapide. Une fois habillée, elle se dirigea vesr sa table de chevet, tira le tiroir et une seringue apparue. S'asseyant sur le lit, elle se piqua. La drogue fit de suite effet.
Quelques temps ensuite, Belle se leva et pris la direction du wagon bar. Elle était encore sous l'effet de drogue. Le couloir et le wagon était sombre seul deux petites lampes s'éteignaient et s'allumaient en discontinue. Au fond adossée au bar, une femme, une seconde class. Belle sentit le tigre monter en elle, elle lutta mais la drogue perturbait son jugement et elle se transforma. Un tigre brun prit la place de la belle jeune femme. Doucement, il se déplaça derrière la Seconde et feula. Mais que faisait-elle ? Jamais elle n'avait pris part au conflit qui régnait dans le train pour cause elle ne contrôlait pas son animal. La masse brune se déplaça encore à al lumière laissant voir ses griffes et les crocs à découverts.

D'un coup d'un seul, le tigre bondit en avant...

[Excuse pour l'attente il m'était sortit de la tête, j'espère que cela te va. Tien je pensais faire plus T__T. Je ferais mieux la prochaine fois je voulais pas te faire encore plus attendre]

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MessageSujet: Re: Murder time Mer 22 Fév - 13:21

D'un coup d'un seul, le tigre bondit en avant.

D'un coup d'un seul, le tigre bondit en avant et Fûu s'écarta de la porte qui soutenait son dos, avant que les griffes acérées ne se plantent dans sa gorge.
Pour tout dire, elle s'attendait à une bestiole. Qu'est-ce que ça aurait pu être d'autre, Blanche-Neige et les sept nains?

Non. Elle était une 2nd Class, et les 2nd Class étaient très doués pour se faire des ennemis mortels dans ce train. Alors oui, elle s'y attendait. Elle l'attendait, cette gueule remplie de pieux prêts à la transpercer, cette patte qui pouvait disloquer ses vertèbres, mutiler son corps ou écraser son crâne contre le sol.
... Ou bien elle ne l'attendait pas. Ou bien elle s'en doutait, oui, mais au fond, elle n'en savait rien, ou elle espérait que non. Son sursaut de surprise n'était pas tombé du ciel, lorsque la silhouette brune tout en muscles avait bondi de l'ombre, sur elle. La silhouette, le tigre. Le tigre.

De tous les prédateurs il fallait que ça soit lui, de toutes les proies il fallait que ça soit elle.

Proie, parce qu'elle ne valait pas grand chose, dans ces conditions. Parce que la condition, là, pour s'en sortir en vie, c'était de lutter, et de gagner, contre un tigre à mains nues.

... Bien sûr.

Déjà la blafarde s'empêtrait dans des mouvements plus ou moins ordonnés en combat, la rue l'ayant formée, et parfois un peu des amis qui s'y connaissaient, mais qu'elle n'écoutait pas très longtemps. Les techniques sont trop contraignantes, même si elles sont efficaces. Bref, déjà elle n'était pas d'un génie guerrier qui lui aurait sans doute servi, là, mais en plus, elle n'avait que son frêle corps de demi-morte-vivante pour se sauver des coups toujours mortels de l'animal. Et la fuite n'était pas au programme, elle était acculée dans son cul-de-sac de wagon. Tout pour plaire.

Du coup, elle se voyait obligée de se faufiler entre les attaques du dangereux félin, elle, petit chat qui esquive fébrilement en priant pour son salut. Bien qu'elle n'ait aucun Dieu à prier et qu'elle se moquait de son salut puisqu'elle n'avait pas vraiment le temps d'y songer, dans sa situation. Les estafilades rougeoyantes sur ses membres, ses épaules, son visage se changeaient en larmes écarlates, qui suintaient de tout son corps.
Bon Dieu, elle ne savait pas ce qu'elle avait fait à cette fichue bestiole, mais à ce point de violence et d'acharnement, son énergie distillait une haine incommensurable envers elle, ou bien les symptômes d'une rage virulente. Le sang coulait par petites touches partout et la douleur faisait, pour une raison inconnue, ressortir le goût de café de ses papilles traumatisées.

Fûu aime le toucher du sang. Elle déteste le goût du café. Elle déteste le toucher du sang sur une peau en sueur.

Trois bonnes raisons pour s'énerver, pensa l'espagnole en se faisant projeter quelques mètres plus loin, dans une pile de caissons d'alcool vides. Parce que deux critères de colère pour un seul de satisfaction, ça rendait celui-ci infiniment plus négatif. On ne peut pas savourer quoi que ce soit si les faits défavorables étaient présents en ces proportions.

Du coup, Fûu, qui hésitait entre la résignation ou l'amusement - se faire courser par une bête sauvage dans une impasse pouvait toujours être pris comme un divertissement, à partir d'un certain stade de renoncement à la vie... - .... S'énerva. Du haut de son tas de caisses renversées ou brisées, elle décréta que ça suffisait, qu'on ne s'amusait plus, là. Qu'elle n'y trouvait aucun intérêt si elle ne s'amusait pas, et qu'il fallait donc que ça change. Tout de suite.

Et Fûu, quand elle est énervée, parce qu'elle ne s'amuse plus, elle ne baisse pas le regard, quelle que soit l'occasion. Elle le change en lame de couteau et l'envoie dans celui de qui la prive de son amusement, enduit d'un poison corrosif qui est supposé faire regretter de s'être attiré ses foudres.

Enfin, là, elle n'était pas tellement sûre que le message passe. Déjà le fauve se préparait à un nouvel assaut, et elle n'avait plus envie de bouger. Son instinct de survie devait faire la grasse mat', après tout, son horloge à elle n'indiquait que 4h36 du matin.
Une pensée portée sur tous ces films qu'elle avait vus durant son adolescence, avec ces gars qui te dressent une bête sauvage les mains dans les poches, rien qu'avec leurs putains de regards, en gros plan dans la caméra, elle continua d'incendier visuellement la bestiole, quoiqu'elle le fût pas sûre d'arriver même à lui réchauffer les coussinets...
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MessageSujet: Re: Murder time Aujourd'hui à 10:55




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